Thérèse, sur les photographies, semble ailleurs, le regard absent. On dirait qu’elle retient son souffle, protégeant un secret ou ravalant un cri. Depuis plus d’un demi-siècle, Thérèse Lefebvre, née Larin, est disparue et on n’a plus jamais reparlé de tout ça. Alexandra Boilard-Lefebvre, sa petite-fille, souhaite pourtant redonner corps à cette femme qu’elle n’a pas connue, la matérialiser. Elle enquête, elle retrace, elle enregistre et retranscrit, pour remplir les trous de l’histoire. Elle écrit les joies et le drame de cette jeune femme qui, comme tant d’autres housewives des décennies d’après-guerre, a vu ses aspirations englouties dans le confort de banlieues uniformes.
Une histoire silencieuse est l’aboutissement d’un attentif travail de mémoire au plus près des surgissements fantomatiques du passé, et la silhouette de Thérèse apparaît progressivement parmi les mots et les souvenirs, dans la scansion des voix et la blancheur des images.
Pour acheter le livre :
En France : https://www.librairieduquebec.fr/livres/une-histoire-silencieuse-9782925416357.html
Au Quebec : https://www.leslibraires.ca/livres/une-histoire-silencieuse-alexandra-boilard-lefebvre-9782925416357.html
La maison d'édition :
La Peuplade :
La Peuplade publie depuis 2006 des livres de fiction, des récits, de la poésie et des traductions de romans inspirants d’où qu’ils proviennent. De son phare, La Peuplade tient le cap sur une littérature actuelle convaincue, signée, nécessaire. Bouger, agir, évoluer, prendre part au dialogue, construire une époque, formuler des…
Un roman de forme différente . Une quête de la grand mère disparue. Avec des photos(peu), des entretiens, transcrits tels quels, des papiers officiels… l’autrice comble les trous et fait de la littérature. On entend le Québec et c’est grès agréable.
Il y aurait une étude sociologique ou littéraire à faire sur la tendance des premiers romans à partir en quête des grands-mères, à fouiller le passé, à retrouver des traces. Qu'est-ce que cela dit de notre génération ? de notre temps ? Que l'on a tellement perdu nos repères qu'on essaye de s'enraciner de nouveau ? Que les images ne suffisent plus à dire des histoires et que l'on a (de nouveau?) besoin des mots ? Voici donc une énième enquête à la recherche de la grand-mère. Bien écrit. Mais qui ne jouit pas, pour moi lectrice, de la saveur de la première enquête. J'ai des photographies de mes grands-mères jeunes qui semblent venir d'un temps si lointain. Il est sûr que cela donne envie de renouer avec mon enfance en les faisant revivre. Ici, le livre est intéressant mais il est de l'ordre de l'intime, et non de la littérature.