Ils sont plusieurs milliers à déverser leur frustration et leur misogynie sur des forums. Eux, ce sont les incels, des « célibataires involontaires » convaincus qu’ils doivent leur solitude à une mauvaise génétique et à l’émancipation des femmes. Vincent y est connecté en permanence. À 24 ans, il vit seul, enfermé dans son appartement, face à son écran d’ordinateur. Une existence recluse, dominée par DarkVinCel, son pseudo
sur les tchats. Mais cet alias prend de plus en plus de pouvoir sur lui.
Les hommes, Émilie s’en méfie depuis l’enfance. C’est sans doute pour ça qu’elle en a fait un de ses sujets de recherche. Doctorante en
anthropologie à l’EHESS, elle lutte contre un sérieux syndrome d’imposture et les multiples angoisses que lui inspire l’époque. Elle trouve auprès des colleuses de rue, qui dénoncent les féminicides sur les murs de Paris, un moyen d’affronter ses peurs… et son passé.
Pour nourrir sa thèse consacrée à la « manosphère » (les sites masculinistes et misogynes pullulant sur la toile), Émilie décide de s’inscrire
sur un forum et prend le pseudo ForeverAlone. Elle entend mener une enquête de terrain incognito, infiltrée. Un soir, ForeverAlone se met à
échanger avec DarkVincel. Si Émilie est d’abord fascinée par ce jeune homme qui lui dévoile les arcanes du mouvement incel, bien vite les
pensées noires et morbides de Vincent la mettent en alerte. Et si DarkVinCel se préparait au pire ?
« Le sexe est un besoin humain, les femmes ont tort de nous en priver. »
« Je ne sentirais probablement jamais les caresses d’une femme dans ma vie. »
« J’aime les voir souffrir. »
La maison d'édition :
Plon :
Depuis leur création en 1845, les éditions Plon sont un acteur majeur de l'édition française. Eclairer les lecteurs sur les mutations de notre société, procurer les clés pour mieux décrypter l'actualité, donner la parole aux littératures françaises et étrangères, faire partager nos passions avec les « dictionnaires amoureux », aller…
Ce roman n'est pas très bon. Il est pourtant très intéressant...mais la lecture de l'enquête de Julien Chavanes dans Médiapart est bien plus passionnante. On a l'impression d'une lecture très didactique cousue de fils blancs : pour passer des informations sur le milieu masculiniste, l'héroïne Emilie fait un cours magistral dans un amphi de trois pages. Parce que l'auteur est très investi et souhaite enseigner beaucoup de choses à son lecteur, il oublie de creuser la psychologie de ses personnages, de questionner le mal-être de Vincent. J'en donne un exemple : Vincent alias DarkVinCel souhaite à un moment déconnecter du forum qui l'aspire dans tréfonds du mal/mâle, il peine pendant trois jours dans son lit et revient, hypnotisé par une figure masculiniste décédé qui lui apparaît dans un délire. Tout cela se fait en 15 lignes à peine : on ne voit rien des tourments, de la folie qui attrape le héros. De même le personnage d'Emilie est très caricatural... Bref, je trouve l'idée bonne mais le résultat peu abouti - d'un point de vue romanesque.