« Quand je me suis inscrit sur ce site il y a un an, l’annonce à rédiger était limitée à cent caractères. A propos de moi : Etudiant en langue, amant sur mesure pour hommes cultivés, prix et photos sur demande ». De désillusions en renoncements, le narrateur se dissout dans une existence évanescente au contexte familial pesant. Contraint par la précarité, il se fait escort. Aux rendez-vous succèdent les passes d’une nuit ; aux amours, les clients. Jusqu’à cette photographie en noir et blanc, au-dessus d’un lit. Débute alors une enquête qui prendra peu à peu des allures de renaissance. Ce premier roman poétique dessine le portrait à fleur de peau d’un jeune homme en quête de sens. Ne vous laissez pas tromper par sa brillante désinvolture, au fil des lignes se cache une émotion qui va crescendo, jusqu’à prendre à la gorge.
La maison d'édition :
Stock :
Les éditions Stock ont plus de 300 ans mais n'ont pas pris une ride... Deux traditions s'imposeront grâce à Pierre-Victor Stock : la littérature mondiale et l'engagement dans les grands enjeux de société. Les affaires devenant catastrophiques à cause de la guerre, la maison devient une filiale de Hachette. Il aura…
« Mes yeux sont verts. Parfois le vert se mêle de gris, le gris au bleu, et le bleu au vert. Mon nez est long et droit. Mes lèvres pourpres, souvent gercées par le froid. J’ai la peau claire et les premiers coups de soleil m’apparaissent sur le nez plutôt qu’ailleurs sur le visage. J’ai la pomme d’Adam proéminente. Je suis plutôt fin et grand. J’ai les épaules étroites et rentrées, l’une d’elles penche d’un côté. » Un texte écrit à la première personne, qui livre par petites touches une tranche de vie de ce jeune étudiant gay, qui abandonnant ses études, devient, pour vivre, Escort-boy sur l’application Grindr : « Etudiant en langue, amant sur mesure pour hommes cultivés, prix et photo sur demande ». A travers un récit intime, Simon Chevrier aborde les amours tarifés homosexuels, le spectre de la contamination par le sida, le culte du corps , les amours contrariés, la difficulté d’affirmer son homosexualité sous le regard de ses parents ; Et surtout, la perte du père, les parties du roman qui m’ont le plus touchée, quand l’enquête en filigrane sur une photo en noir et blanc (celle de la couverture) m’a agacée, voire ennuyée. J’ai ouvert ce premier roman plus par curiosité que par envie et surtout parce qu’il faisait partie de la présélection. Un roman qui se lit aisément et vite, à l’écriture parfois crue et brute, sans être vulgaire, dont il me restera sa sincérité juvénile.
Le protagoniste de ce roman – autobiographique ? – est un étudiant en langues qui, faute de mieux, propose ses services en tant que Escort-boy sur un site de rencontres homosexuelles. Apparemment très doué pour l’affaire, il a beaucoup de clients, et le narrateur ne se prive pas de nous raconter par le menu leurs rencontres, aucun détail exclu. C’est le travail, quoi, la routine. Chez un ami il voit une photo d’un modèle qui prend une pose très sensuelle. Ce modèle, Daniel Schook, deviendra son obsession et il entamera des recherches poussées pour le retrouver. En fond de toile il y a la maladie puis la mort de son père, auquel il était très attaché. Que dire de ce roman ? L’écriture est simple, le langage cru. Personnellement je n’y ai vu aucune poésie, comme le prétendent les critiques, mais plutôt le portrait d’un homme qui se cherche. Et cela aussi a son importance.
C’est l’histoire d’un jeune homme homosexuel qui raconte sa vie sexuelle et sentimentale mais aussi sa situation sociale et sa vie familiale. Il vient d’abandonner ses études, vit de petits boulots et se prostitue pour avoir plus d’argent. Pendant le confinement, il retourne vivre dans sa famille, avec sa mère, sa sœur et rend visite quand c’est possible à son père, atteint d’un cancer avancé. Le narrateur enquête également sur la photo d’un jeune homme ( Daniel Schook, Sucking Toe, New York, 1981 by Peter Hujar) qu’un de ses amants a affiché au-dessus de son lit et auquel le narrateur s’identifie. En un mot, c’est l’histoire d’un jeune homme qui se cherche, notamment par rapport à son père. J’ai trouvé que l’écriture de ce livre était simple mais originale. A un moment, le narrateur dit qu’il est en train de lire Les années d’Annie Ernaux et je trouve que les écritures se ressemblent un peu. Ce n’est pas un livre bavard, c’est un livre dans lequel l’auteur va à l’essentiel de ce qu’il a à dire. C’est parfois un peu cru et, plus ennuyeux, parfois un peu lourd au sens où l’écriture manque d’élégance mais c’est un récit qui a sans doute le mérite de la sincérité et de la justesse.