Née à Montréal, Persuadés que la narratrice est victime d’un mauvais sort, ses proches s’inquiètent. Pour le conjurer,
ils font appel aux superstitions et rituels religieux transmis par les femmes de leur lignée. Face au poids des traditions,
sa soif d’indépendance s’accroît. Elle la pousse à assumer les désirs qu’elle tenait jusque-là sous silence.
Tiraillée entre son envie de liberté et l’amour des siens, elle puise dans leur enseignement pour tracer sa propre voie.
Dans un extraordinaire métissage linguistique et une langue fragmentée, ce roman ausculte avec beaucoup
d’humanité la question des appartenances multiples et leurs conséquences sur les identités.
La maison d'édition :
Le Castor Astral :
Le Castor Astral édite depuis 1975 des textes de poésie contemporaine et de littérature hybride, francophones et étrangers. En 2011, elle reçoit le prix Nobel de littérature avec la publication de l’œuvre poétique complète de Tomas Tranströmer. En 2024, la maison fête les trois ans de sa collection « Poche/Poésie…
« Je demande à ma mère si les grigris ont fait effet. Mon père, interloqué, me pose des questions, ma mère me donne des coups de pied furtifs sous la table. Lorsque je lave la vaisselle, ma mère s’approche de moi et me gronde: Ne parle plus jamais de cela devant un homme. C’est notre pouvoir à nous, les femmes ». Un premier roman très singulier de par le parti pris de mélanger, sans traduction, les langues arabes, kabyles, québécois, anglais et créoles et de par son écriture fragmentaire, qui touche après touche dit la résistance de la narratrice face à la tradition, son désir d’émancipation, sa volonté d’échapper aux croyances, mais aussi l’amour à sa famille. Un roman très féministe qui célèbre le pouvoir des femmes, détentrices des rituels ; les hommes n’étant que des ombres qui traversent ce récit. J’ai aimé rencontrer Anya Nousri tout aussi singulière que son roman. Sa lecture à voix haute a mis en exergue l’humour que ce roman recèle et la musicalité du métissage des langues. Une plume incisive qui bouscule !
J’ai énormément aimé On m’a jeté l’œil d’Anya Nousri. Ce court roman m’a marqué par sa justesse et sa sensibilité. L’autrice aborde le thème du regard des autres et du « mauvais œil » avec beaucoup de finesse, en montrant comment une croyance peut influencer profondément les émotions et le comportement d’une personne. L’écriture est simple, mais très efficace : chaque mot semble choisi avec soin, ce qui rend le récit à la fois intense et touchant. Malgré sa brièveté, le livre parvient à créer une atmosphère forte et à susciter une réelle émotion. C’est un ouvrage que j’ai lu avec beaucoup de plaisir et que je recommande vivement.
J'ai eu du mal à apprécier ma lecture, j'ai malgré tout fini le livre car je n'aime pas m'arrêter au milieu d'une histoire mais ce n'était pas avec beaucoup plaisir. Je n'ai pas compris l'organisation du livre que j'ai trouvée décousue, les histoires sont racontées par bribes et se mélangent, ce qui, je trouve, coupe dans la lecture. J'ai également eu du mal avec certains passages qui pouvaient être très crus. La dureté des mots peut servir à refléter la violence et la réalité d'une histoire, mais ici j'ai trouvé que cela n'apportait pas toujours quelque chose aux passages concernés, surtout vers la fin du livre. J'ai cependant apprécié le mélange des différentes langues qui nous plongeait réellement dans la vie de la narratrice ainsi que la découverte de plusieurs cultures que je ne connaissais que très peu, J'ai aussi aimé les thèmes du féminisme, de la tradition et de l'émancipation qui semblaient être abordés de manière très fidèle à la dure vie de la jeune femme, ce qui rendait le livre juste et intense.