Dans une banlieue sans histoires, chacun a ses habitudes : Sami sort les poubelles de l’immeuble, le vieux gare sa Twingo devant le supermarché, monsieur Seigneur prend soin de sa femme mourante. Au quinzième étage de la tour, Freddie s’imagine une vie en compagnie des stars de cinéma, loin des fins de mois difficiles et des mauvaises fréquentations de Lior, son fils.Son garçon a 18 ans aujourd’hui. Freddie met les petits plats dans les grands, tout va être parfait. Cuisine, ménage, un petit verre pour se donner du courage, et surtout ne pas oublier le chat dans la machine à laver !
Une simple erreur, aussi cocasse qu’absurde, et tout déraille. Au fil des pages, la mécanique s’emballe, entraînant les personnages dans des situations toujours plus complexes et insolubles.
Avec un style d’une parfaite sobriété, une narration où tout s’imbrique et s’enchaîne (descriptions, faits, pensées, discours) le lecteur est placé au plus proche de Freddie et Lior, traversant la banalité de leur quotidien jusqu’au plus trouble de leurs sentiments.

Dur, dur !!! pour un jeune homme de 18 ans d'être confronté à la folie destructrice de sa mère alcoolique, toxique et complètement désespérante. Il subit un chantage affectif permanent de cette mère déconstruite, obsédée par une voisine qui, quelques années auparavant l’avait dénoncée auprès des services sociaux. On peut tuer un chat, un chien par accident…mais sa voisine ? Texte percutant, difficile mais que l’on ne peut ignorer ma semble-t-il.
Très bonne première moitié qui montre, vu de l'intérieur, le monde d'une alcoolique invétérée, mère involontaire. Le lecteur perçoit à travers le personnage le déroulement du temps, la clôture de l'espace, l'égocentrisme et la tyrannie de l'addiction, tout ça de manière saisissante, alliant effroi et drôlerie (presque digne du "Bruit et la fureur"). La seconde moitié ne réussit pas aussi bien à nous plonger dans la peau du second personnage, moins travaillé, plus esquissé, avec un déroulement à trous, un peu télégraphique.