Noire précieuse (2020)

Djoulaït Asya

« Tremblante, Céleste rassembla ce qui lui restait de courage pour observer les mains de sa mère qui remontaient la couverture, comme on ajuste un mensonge, comme on ferme un cercueil. Elles achevèrent de sortir Céleste de l’enfance. Elles étaient un feu de bois, labourées par la lave, tachée de flammes, de gris, de honte. »

 

Noire précieuse est l’histoire d’une mère qui tente de sauver sa peau en écorchant sa chair. Noire précieuse est l’histoire d’une relation tendre entre une jeune fille et sa mère, l’histoire des modes de communication qui circulent dans les rues de Paris, entre Château d’Eau et le boulevard Saint-Germain. La langue nouchi rencontre le « français des Blancs », qui pénètre aussi l’argot ivoirien. Noire précieuse est l’histoire d’une relation tendre et sensuelle comme une caresse, violente comme une identité imposée du dehors et qui « excite le sang ».

  • - Année de publication : 2020
  • - Pages : 176
  • - Éditeur : Gallimard
  • - Langue : Français

A propos de l'auteur :

Djoulaït Asya :

De parents algériens, Asya Djoulaït est née à Paris en 1993. Elle enseigne la littérature au lycée, à Saint-Denis. Noire précieuse, son premier roman, présente, sous une forme nerveuse et épidermique, la dissimulation autant que l’affirmation d’une identité et d’un parler noirs dans les rues de Paris.

Photo : Francesca Mantovani

La maison d'édition :

Gallimard :

Les Éditions Gallimard ont été créées en 1911 par Gaston Gallimard, André Gide et Jean Schlumberger. Aujourd'hui, leur catalogue d'environ 30 000 titres, 9000 auteurs et 240 collections, fait de cette maison l'un des leaders de l'édition française.

4|5
2 avis
3 Commentaires
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  • Dima
    10 novembre 2020

    Céleste vit à Paris avec sa mère, elle est brillante et ira au lycée Henri IV .Elle veut aller à Abidjan , sa mère refuse ... Un roman facile à lire qui permet de découvrir le parler français - africain . Un roman qui pose des questions comme celle de la négritude , l’auteur se place ,il me semble dans la lignée de Senghor . Rien de manichéen dans cette histoire qui est aussi une belle relation mère fille .

  • François
    24 novembre 2020

    Ce roman est un livre de contrastes, des oppositions/ rapprochements, du noir et du blanc, de l'attraction/répulsion, de la tradition/modernité....à travers la confrontation d'une mère coiffeuse ivoirienne immigrée en France (Oumo) et sa fille Céleste, brillante étudiante au prestigieux lycée Henri IV. Tous ces contrastes se révèlent aussi à travers les 2 pays (France/Côte d'ivoire) et le langage (français métissé d'ivoirien et argot nouchi). C'est aussi le livre de l'adaptation et de l'intégration de l'immigration sans assimilation. La mère rêve de devenir blanche. La fille fait de brillantes études et assimile parfaitement la langue française ainsi que les codes du milieu  où elle évolue. La confrontation mère/fille révélée par le mensonge de la mère inverse les rapports traditionnels entre la tradition et la jeunesse : devenir blanche … Relent de la colonisation. Cette intégration pose toutefois la question de l'avenir de Céleste en France ....En Côte d'ivoire ??? En plus de l'écriture plaisante de ce livre, il montre bien le tiraillement de ces femmes, entre les deux cultures, qui se donnent les moyens de s'assumer à la différence des hommes en échec. Bravo à cette auteure qui s'est contentée de regarder vivre en France cette communauté africaine et a su transcrire leur vécu aussi accompli.

  • Bernadette
    24 novembre 2020

    Je l’ai lu avec plaisir et intérêt : je trouve que ce roman est bien construit et m’a fait rentrer dans la culture Ivoirienne ou ouest africaine . J’imagine qu’il traduit bien les sentiments complexes et quelquefois contradictoires des africains restés au pays, immigrés en France, nés en France ou retournés en Afrique. Les traditions communautaires qui se perpétuent dans les quartiers Africains parisiens sont bien décrites plus les expressions Ivoiriennes qui nous mettent encore plus dans l’ambiance. C’est une belle histoire d’une relation mère fille que je trouve bien amenée avec des jolies descriptions et un style enlevé .