Hazel, une adolescente solitaire, est élevée par son père, Jean-Code, un gendarme strict et autoritaire. Ils vivent une existence nomade, se déplaçant au gré des affectations paternelles. Leur nouveau déménagement les conduit au village d’Ici, un endroit situé au milieu des montagnes, au fond d’une vallée.
Peu de temps après leur arrivée, un double meurtre est commis dans les parages, et Jean-Code est sommé par son supérieur hiérarchique de mener l’enquête.
Pressé de boucler l’affaire, il arrête rapidement une suspecte, qui correspond parfaitement au profil de la coupable idéale. Convaincue de l’innocence de celle-ci, déterminée à découvrir la vérité, Hazel s’engage alors dans une quête qui la pousse à affronter non seulement les mystères du crime, mais également les alentours d’Ici et ses habitants, ainsi que la relation étouffante qu’elle entretient avec son père.
Dans Mont des Ourses, Émilie DEVÈZE interroge le rapport à l’autorité. En réponse aux systèmes de coercition mentale et physique qu’elle dénonce, elle propose une émancipation par l’imaginaire et l’humour. Ce conte éco-féministe est son premier roman.

Le père de Hazel, le gendarme Jean-Code, est muté dans un petit patelin de montagne, Ici. Un lieu qui n’existe pas sur la carte, car carrément gommé per l’éditeur puisque difficile à repérer. Ainsi commence l’aventure de la petite Hazel, que le père délaisse et harcèle, car « enfant femelle », d’abord, et puis parce qu’elle a tué sa mère en naissant. Ils arrivent donc dans ce trou de village, où l’on se méfie des étrangers, et où tout le monde est Cousin les uns des autres. Et voilà qu’un double meurtre a lieu. La coupable est vite trouvée et incarcérée. Mais Hazel se doute bien qu’elle n’y est pour rien dans l’affaire… C’est à partir de ce moment que, à mon sens, le roman commence un peu à patiner : jusque-là c’était un beau récit plein d’humour et de trouvailles, très agréable à lire, puis l’auteur, dans le but – je pense – d’appuyer sur le registre humanitaire/écologique, a alourdi son écriture et le roman en a un peu pâti. Je pense qu’elle aurait pu faire passer le même message tout en maintenant la légèreté dont elle avait fait preuve dans la première partie du roman.
Rien n’est facile à vivre lorsque l’on est orpheline de mère, et fille d’un gendarme fraîchement muté dans un village de basse montagne où l’ensemble de la population se méfie autant des étrangers que de tout individu portant jupon. Et c’est pourtant dans ce contexte hostile qu’Hazel, cette jeune fille qui refuse toute forme de patriarcat et davantage encore l’enfermement que lui impose son père, va réussir à résoudre l’énigme qui paralyse toute la gendarmerie et s’émanciper de façon définitive. La nature environnante, qu’elle découvre et respecte, joue un rôle primordial dans cette quête de liberté et la forme du conte adopté par l’autrice pour ce récit amplifie le phénomène. Fable intelligemment écologique et féministe. C’est réjouissant car très bien écrit, plein d’humour, d’imagination et de fantaisie.
« Ici », c’est l’endroit où le père d’Hazel, le gendarme Jean-Code, est muté ; un village de montagne dont on ne connaît pas l’existence, à moins d’y être né. Rien n’est facile entre ce macho autoritaire, très bas de plafond et brutal et cette jeune adolescente de 14 ans si solitaire, qui rêve de mer. « Son enfant femelle - une plaie qui avait tué sa mère en naissant - était presque un tabou. Pour minimiser sa présence bestiole, il lui montrait l’exemple du silence en ne lui parlant presque jamais. Il préférait pour elle les gestes. Un index raide, un torchon jeté au visage, une main haute, « toi! Chut! Zou! Gare! ». Il s’enorgueillissait de cette méthode qui faisait ses preuves. Il était au calme chez lui -Hazel souvent se décourageait à conférer avec le vide - et la gamine presque invisible obéissait en soldat » Et rien ne s’arrange à leur arrivée dans ce village reculé, marquée par la découverte de deux cadavres et l’arrestation de la coupable idéale : une ourse, enfermée en prison manu militari par le père d’Hazel. La quête d’Hazel pour trouver le vrai coupable va lui ouvrir la voie de l’émancipation. Une premier roman court sous forme de conte écofeministe, qui parfois m’a déroutée tant l’imaginaire de l’auteur est grande, mais dont j’ai aimé la qualité de l’écriture et l’humour.
livre bien
À la fois conte par les rôles prégnants et fantasques qu'y tiennent les plantes et la faune, et fable par son extrême concision et son traitement humoristique des caractères (malicieux et tendre à l'égard des femelles toutes espèces confondues, caustique et railleur à celui des mâles sapiens) ce récit est un petit bijou finement ouvragé porté par une haute maîtrise de la langue française et de très belles métaphores. Choix du mot juste, parfois rare, au service de la puissance évocatrice de l'image ou de l'humour. Sobriété des phrases tantôt ramassant le récit, tantôt ridiculisant le style juridique et fat des diverses autorités, jouant subtilement sur les noms équivoques dont celui du village décliné en une inépuisable palette de devises et de constatations savoureuses. On peut – si on le souhaite – lire cet opuscule comme une grande métaphore des sociétés patriarcalement obscurantistes (et réciproquement) qui aujourd'hui tentent sur tous les continents de colmater leurs brèches et de resserrer leurs boulons rongés par la rouille, et comme une métaphore d'une solution possible pour s'en défaire définitivement. Dans tous les cas, la lecture de ce nectar est un pur régal.
Œuvre intéressante, fantaisiste et déroutante. Une histoire originale parfois difficile à cerner, à suivre, et un petit peu vide, selon moi. Il faut souligner cependant la qualité d’écriture rare et très appréciable dans ce livre, avec ses expressions qui sortent de l’ordinaire et un grand soin apporté dans le style, à souligner.
Bon livre dans l'ensemble, avec une histoire variant entre absurde, violence, beauté. Les seuls bémols que je pourrais énoncer sont : le vocabulaire souvent trop compliqué (même si ce dernier facilitent parfois l'absurde) pour évoquer des choses simples, ce qui hache la lecture. D'autre part, la ponctuation qui parfois coupe mal les phrases. Sinon bon ensemble général, avec une histoire sympa.
J’ai bien aimé ce livre car il parle de courage, de nature et de liberté. J’ai trouvé Hazel très attachante : elle se bat pour la vérité et pour être respectée malgré la dureté de son père. L’histoire montre bien qu’il ne faut pas juger trop vite, les gens différents. J’ai aussi aimé la façon dont l’autrice parle de la montagne et de la nature, comme si elles étaient vivantes. Le style est original, parfois un peu difficile. C’est un roman qui fait réfléchir.
Bon livre avec une bonne intrigue mais des éléments un peu flous et désordonnés
J’ai bien aimé ce livre malgré qu’il soit court. On suit Hazel dans un village isolé, et j’ai trouvé son regard sur le monde très touchant. L’histoire parle de liberté et d’émancipation, avec la montagne en toile de fond. Ça se lit vite et ça reste en tête.
L'intrigue promettait beaucoup, je suis assez déçu. Certes, le personnage d'Hazel est attachant, mais l'histoire est un peu trop absurde et trop fantaisiste à mon goût. Le vocabulaire rend l'histoire, déjà floue, assez compliquée à suivre, l'enquête est très courte, et les personnages sont loufoques. Le livre est tout de même original, mais je ne le recommanderai pas
Même si la première partie du livre m’a beaucoup plus, je suis rapidement tombée dans la confusion : le message écologique est clair mais tout est trop lourd. On perd rapidement le fil de l’histoire, on a l’impression d’être coincé, que ça n’avance plus. Le côté fantastique mélangé à une espèce d’analyse des relations père-fille le tout avec une touche d’humour absurde rend la lecture floue et même désagréable.
Un texte surprenant...qui n'est pas agréable à lire. Mais cela semble être un parti pris. L’écriture est rude, ciselée, tranchée à vif. Le texte se veut fable et réseau de symbole. Une lectrice écrit dans les commentaires précédents "tout est trop lourd", je partage cette idée. Je pense néanmoins que cette lourdeur est un choix stylistique. Un cri lourd pour ceux qui n'entendent pas. Encore faut-il que ceux-là lisent le roman.