Souffrant depuis l’enfance d’un strabisme intermittent, la narratrice amorce une réflexion sur l’impact de cette coquetterie sur son parcours. Mais son enquête intime, littéraire et légère se voit parasitée : dans la famille, quelque chose de grave est arrivé…
Tandis qu’elle avait pris ses distances avec le couple explosif formé par ses parents, la narratrice se voit obligée de se rapprocher d’eux et regarder en face ce qu’ils sont devenus. Ce qui est loin d’être évident quand on souffre d’un strabisme.
Mon œil est un récit introspectif dont le point de départ, l’analyse d’un léger handicap, débouche sur une grande interrogation. Quel regard porter sur nos parents vieil-
lissants ? Que leur doit-on quand, dans l’enfance, ils ont été à l’origine de bien des souffrances ? Quelle distance observer avec eux ? Comment tenter de leur venir en
aide sans sombrer ni cesser d’y voir clair ?
Malgré les thèmes graves abordés dans ces pages, Victoria Kaario fait preuve d’une vivacité et d’un ton caustique et drôle qui forcent l’attachement aux personnages pourtant peu fréquentables de ce court récit. Des appels téléphoniques savoureux autant que désespérés d’une mère abîmée, aux errements d’un père dépassé par ses propres égarements, c’est tout l’édifice familial que l’autrice fait trembler sous sa loupe.
