Trois paysans, trois amis depuis l’enfance, Anselme, Clovis et Léonce, sont mobilisés en 1914 et combattent côte à côte. Léonce ne revient pas. En grandissant, Jeanne, sa fille, veut connaître les circonstances de sa mort. Mais elle se heurte au silence douloureux des deux survivants sur ce qu’était cette guerre qui l’a privée d’un père. Incapables de lui expliquer, en 1935, Anselme et Clovis préfèrent emmener Jeanne là où a disparu son père, vingt ans plus tôt. Ils espèrent que là-bas, ils trouveront enfin ces mots qui les fuient. A bout de force, Anselme et Clovis retrouvent l’endroit exact où Léonce a été tué. Dans cette clairière, près du corps de leur ami, quelque chose se dénoue en eux. Ils peuvent enfin décrire à Jeanne ce qui s’est passé et cette guerre qui fermentent en eux. Mais la jeune femme n’en a pas fini. Elle veut retrouver le corps de son père. Miraculeusement conservée, Jeanne et les deux hommes parviennent à déterrer la dépouille de Léonce. Les trois complices la ramènent secrètement au village et la cachent. Un étonnant dialogue se noue alors entre Jeanne, les deux amis et la momie de Léonce.
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très beau roman grave et poétique, à la fois drôle et triste, rempli de tendresse pour ces poilus sacrifiés victimes de la folie de quelques galonnés très belle découverte
Excellent et magnifique. Quelques longueurs et répétitions sur l’horreur et l’absurdité de la boucherie de 14-18, très vite gommées par la force de l’histoire racontée. Au milieu des années 30, Jeanne qui n’a pas connu son père resté sur le champ de bataille vers Douaumont exige des deux amis de celui-ci qu’ils lui racontent enfin ce qu’ils ne peuvent pas dire depuis qu’ils sont rentrés cassés, détruits, anéantis. Plus tôt que lui raconter, ils l’emmènent sur place avec l’espoir de retrouver au moins sa trace. Et c’est avec son corps incroyablement momifié qu’ils reviennent. Son père revit alors sous une autre forme pendant plusieurs années, à la barbe des autorités moquées avec humour et raison. C’est un texte éminemment politique et engagé, intelligent et percutant.
Un roman saisissant, remarquablement bien écrit. Au cœur du récit se trouve l’incapacité de deux anciens soldats à exprimer l’horreur qu’ils ont vécue et qui les a marqués à jamais. Les descriptions, parfois longues, ne lassent jamais : elles sont empreintes d’un réalisme poignant. L’auteur ne raconte pas la guerre dans sa dimension héroïque ou historique, mais à travers le ressenti intime de quelques soldats, offrant une autre vision, plus humaine, du conflit. L’ensemble forme une magnifique fresque familiale, où s’entremêlent le deuil, le travail et la force des liens qui unissent les êtres. Le roman explore aussi des thèmes tels que la richesse, l’injustice sociale ou la condition des femmes, témoignant de la portée profondément engagée de l’œuvre.
Un long roman, des personnages attachants, un éclairage sur la première guerre mondiale tellement bien fait, complet. On a envie d'avancer avec ces personnages, on veut savoir. Une fin atypique .... A lire.
Trois amis partent à la guerre au mois d’août 1914 mais deux seulement en reviendront. Le troisième est resté là, au Chemin des Dames, porté disparu. Le corps n’a pas été retrouvé depuis, mais ses amis savent qu’il est mort. C’est quand les questions de la fille du disparu se font plus pressantes qu’ils entreprennent avec elle un long voyage sur les lieux du massacre pour retrouver leur ami. Un roman poignant, qui illustre très bien les blessures que les guerres laissent dans les âmes des soldats, leur difficultés à reprendre la vie d’avant, après avoir vécu ce qu’ils ont vécu. J’ai trouvé la dernière partie du récit un peu forcée – le retour de la momie et tout ce qui suit – mais dans l’ensemble un très bon roman, bien écrit, avec un bon dessin des personnages.
"Le Soldat perdu de Jeanne Bonheur" est un magnifique premier roman, touchant et exaltant. L'intrigue suit la jeune Jeanne, orpheline de la Grande Guerre qui a grandi plongée dans un mystère épais quant à la disparition de son père. Ce cadre est posé dès les premières phrases ; on meurt d'envie d'appartenir à ce monde tant il est immersif. Pour rajouter à cette impression de réel, le roman est écrit avec un vocabulaire grossier, oralisé, comme à la campagne ; ce qui nous plonge d'avantage dans l'univers et dans les yeux de la petite orpheline. Jeanne parvient à convaincre deux vétérans, compagnons d'armes de son père, de partir avec elle élucider cette énigme dans laquelle elle baigne depuis sa plus tendre enfance. On parvient, au cours du récit, par petites touches à coups de résurgences de traumatismes et de révélations, à percer à jour l'histoire enfouie, profonde et martelée de la famille Bonheur