Le soldat perdu de Jeanne Bonheur (2025)

HOPQUIN Benoît

Trois paysans, trois amis depuis l’enfance, Anselme, Clovis et Léonce, sont mobilisés en 1914 et combattent côte à côte. Léonce ne revient pas. En grandissant, Jeanne, sa fille, veut connaître les circonstances de sa mort. Mais elle se heurte au silence douloureux des deux survivants sur ce qu’était cette guerre qui l’a privée d’un père. Incapables de lui expliquer, en 1935, Anselme et Clovis préfèrent emmener Jeanne là où a disparu son père, vingt ans plus tôt. Ils espèrent que là-bas, ils trouveront enfin ces mots qui les fuient. A bout de force, Anselme et Clovis retrouvent l’endroit exact où Léonce a été tué. Dans cette clairière, près du corps de leur ami, quelque chose se dénoue en eux. Ils peuvent enfin décrire à Jeanne ce qui s’est passé et cette guerre qui fermentent en eux. Mais la jeune femme n’en a pas fini. Elle veut retrouver le corps de son père. Miraculeusement conservée, Jeanne et les deux hommes parviennent à déterrer la dépouille de Léonce. Les trois complices la ramènent secrètement au village et la cachent. Un étonnant dialogue se noue alors entre Jeanne, les deux amis et la momie de Léonce.

A propos de l'auteur :

Benoît HOPQUIN HOPQUIN Benoît :

Né en 1962, Benoît Hopquin, ancien directeur adjoint de la rédaction au Monde, est aujourd’hui journaliste pour M. Il a publié Ces noirs qui ont fait la France (2009), Passage de témoin (2011) et Nous n’étions pas des héros (2014) aux éditions Calmann-Lévy. Le soldat perdu de Jeanne Bonheur est son premier roman.

©emmanuelle marchadour

La maison d'édition :

Seuil :

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  • Chris B
    27 août 2025

    très beau roman grave et poétique, à la fois drôle et triste, rempli de tendresse pour ces poilus sacrifiés victimes de la folie de quelques galonnés très belle découverte

  • Isalit
    29 août 2025

    Excellent et magnifique. Quelques longueurs et répétitions sur l’horreur et l’absurdité de la boucherie de 14-18, très vite gommées par la force de l’histoire racontée. Au milieu des années 30, Jeanne qui n’a pas connu son père resté sur le champ de bataille vers Douaumont exige des deux amis de celui-ci qu’ils lui racontent enfin ce qu’ils ne peuvent pas dire depuis qu’ils sont rentrés cassés, détruits, anéantis. Plus tôt que lui raconter, ils l’emmènent sur place avec l’espoir de retrouver au moins sa trace. Et c’est avec son corps incroyablement momifié qu’ils reviennent. Son père revit alors sous une autre forme pendant plusieurs années, à la barbe des autorités moquées avec humour et raison. C’est un texte éminemment politique et engagé, intelligent et percutant.

  • Anne Pauline D.
    5 novembre 2025

    Un roman saisissant, remarquablement bien écrit. Au cœur du récit se trouve l’incapacité de deux anciens soldats à exprimer l’horreur qu’ils ont vécue et qui les a marqués à jamais. Les descriptions, parfois longues, ne lassent jamais : elles sont empreintes d’un réalisme poignant. L’auteur ne raconte pas la guerre dans sa dimension héroïque ou historique, mais à travers le ressenti intime de quelques soldats, offrant une autre vision, plus humaine, du conflit. L’ensemble forme une magnifique fresque familiale, où s’entremêlent le deuil, le travail et la force des liens qui unissent les êtres. Le roman explore aussi des thèmes tels que la richesse, l’injustice sociale ou la condition des femmes, témoignant de la portée profondément engagée de l’œuvre.