Mars 2020. La France se confine.
Dans tous les hôpitaux de France, il faut
prendre des décisions et agir vite. En
première ligne, un psychiatre partage
son temps entre son équipe mobile qui
maraude dans une ville fantôme à la
recherche de marginaux à protéger et
les unités Covid où les malades meurent
seuls, privés de tout rite. Entre obéis
sance à la loi et refus de l’horreur, que
ce soit à l’hôpital ou dehors, chacun à son
niveau cherche des solutions et impro
vise. L’Adieu au Visage est l’écriture d’une
résistance fragile et d’une lutte pour
prendre soin de l’autre – qu’il soit vivant
ou mort
La maison d'édition :
Marchialy :
La famille Marchialy publie quatre titres par an. Tous nos livres racontent le monde à leur manière. Histoires incroyables ou récits inédits, ils forment une «littérature du réel» : des histoires vraies au long cours, portées par une exigence littéraire. Grands reportages aux frontières du roman d'aventure sur les traces…
Ce livre est le journal d’un psychiatre pendant le premier confinement de mars-avril 2020. Ce médecin continue les maraudes en camion avec un infirmier pour prendre soin des SDF. Il continue aussi ses consultations, mais par téléphone. Et enfin, on lui demande comme aux autres soignants de prêter main forte aux équipes qui luttent contre le Covid. Il entre donc dans le service mortuaire qui consiste à laver les morts, à les habiller proprement et à les présenter à la famille, avant que les corps soient pris en charge par la morgue. Mais du fait du développement de l’épidémie et des risques de contamination, ces soins vont finalement être supprimés et les personnes décédées vont être enterrées ou incinérées sans toilette et présentation aux familles. Le narrateur est partagé entre l’obéissance au règlement de l'hôpital qui a supprimé la toilette et la présentation aux familles et la désobéissance à un règlement inhumain. Je trouve que ce livre est très intéressant mais qu’il n’est pas abouti. Par exemple, on apprend dans les premières pages la mort d’un ami du narrateur. On ne retrouve pas cet ami dans la suite du livre et la nouvelle de ce décès n’apporte pas grand-chose, elle ne fait que compliquer la narration qui n’est pas toujours assez claire je trouve.
Un excellent roman, qui aborde un moment clé de notre vie, que nous avons tous vécu. La mort d’un proche lors du début de l’épidémie de Covid. Roman autobiographique, l’auteur s’appuie sur son journal de bord tenu durant le covid, pour le romancer. Nous nous trouvons plongés au coeur de l’action dans un service d’urgence, et face à la problématique des familles endeuillées. L’auteur, associé à la mise en place du dispositif de « l’adieu au visage », nous dévoile sa réflexion sur ce douloureux sujet avec précision. Un livre dur, compte tenu du thème, mais absolument passionnant.
J'ai peu pleuré sur des textes. Sur Bérénice, sur Madame Bovary...et sur ce texte. Alors, les larmes ne sont pas signes de qualité, il est vrai, mais signes d'une émotivité renforcée par la fatigue et le thème. L'adieu des enfants de Mireille à leur maman m'a saisie profondément, comme le narrateur bouleversé par le mail. On repart cinq ans plus tôt dans cette période qui nous a tant marqués et que l'on oublie...et que l'on n'a pas connu, même si l'on l'a vécu. Je l'ai vécue dans le jardin de mes parents, au soleil, à profiter du temps offert pour finir ma thèse. J'applaudissais à ma fenêtre à 20h, je guettais affolée les mots d'Olivier Véran. Mais je n'ai pas vécu le confinement tel qu'il m'est décrit dans le roman. Le roman invite à regarder, à ne pas oublier, à prêter attention aux visages oubliés et aux abandonnés de la société. Avec Serge, l'auteur nous invite à regarder. L'écriture est un adieu au visage. Je recommande grandement cette lecture.