Ville de M., le 12 novembre de l’an deux mille quelque.
Ces personnages, vous pourriez les croiser dans la rue. Ils et elles se côtoient parfois dans l’intimité, ou se rencontrent au supermarché, dans le hall d’un immeuble ou encore dans un autobus, en route pour leur labeur quotidien. Le chauffeur de bus, la caissière du supermarché, le professeur d’université, l’étudiante, l’agent de sécurité, le truand… Tous et toutes cheminent et s’affairent à ce qui fait leur ordinaire lorsqu’un grain de sable vient soudainement gripper les rouages du quotidien, chamboulant leurs parcours et liant leurs vies – et (peut-être ?) la vôtre – à jamais.
Roman choral, histoires imbriquées comme des poupées russes, narration qui avance avec des allures de passages de relais entre les personnages d’un chapitre à l’autre… Labeur est d’une inventivité remarquable et soulève, l’air de rien, des questions cruciales : Avons-nous la maîtrise de nos destins ? Nos choix peuvent-ils réellement influencer notre parcours ? Et surtout : avons-nous les vies que nous méritons ?
La maison d'édition :
La contre allée :
Créée en 2008 à Lille, avec une ligne éditoriale construite autour d'un axe : Littérature et Société, La Contre Allée s'intéresse tout particulièrement au devenir et à la condition de l'individu au cœur de nos sociétés contemporaines, grâce à la publication d'ouvrages de littératures française et étrangère et d'essais.
Une journée comme les autres, ce 12 novembre de l’an deux mille quelque dans la ville de M. Dès le matin tous les personnages de ce roman s’en vont vaquer à leurs affaires, plus au moins honnêtes, chacun avec ses problèmes, ses espoirs, ses amours, ses projets de vie... jusqu’au soir, où un drame se produit et quelqu’un en aura la vie brisée. J’ai beaucoup aimé ce roman. En particulier le dessin empathique des personnages, tous, même les plus répréhensibles. Des petites vies, mais profondes, dans lesquelles nous pouvons tous nous reconnaitre. À se demander, vraiment : est-ce la vie que je mérite ?
Des personnages se croisent, se frôlent, s'aiment ou s'ignorent. Chacun vie sa vie se focalisant sur ses petits ou grands problèmes, ses rêves,ses déceptions, le temps qui passe, les souvenirs et les regrets, ou les espoirs selon l'âge,.. Et en quelques secondes tout bascule, tout s'éteint,. Rien n'est certain, rien n'est figé, rien n'est écrit. L'auteur fait du lecteur un personnage de son roman, le prend à témoin. Et si c'était lui à l'arrêt de bus, au balcon, seul dans la chambre,.... L'écriture est efficace, glaçante parfois.
Un procédé déjà vu, mais une écriture qui fait l'effet d'une série d'uppercut. C'est haletant, ereintant, passionnant. Je l'ai lu d'une traite car difficile à lâcher. Je n'ai pas du tout vu la fin arriver. Il est rare qu'un roman reussisse aussi bien à nous impliquer dans son récit, chapeau !
Ce livre montre à quel point chaque être humain est enfermé dans sa propre vie, focalisé sur son quotidien, ses pensées, ses problèmes… On se rend compte que chacun vit son expérience de la vie à sa manière, mais que malgré tout, dans la ville de M, tous les habitants sont reliés d’une façon ou d’une autre. Il y a comme un fil invisible qui les unit, même s’ils ne s’en rendent pas compte. Ce que j’ai trouvé particulièrement fort, c’est la manière dont les différentes histoires s’accélèrent à mesure qu’on avance, comme si la fatalité les rattrapait tous. On sent une tension grandissante, et la chute est vraiment inattendue. C’est un roman qui fait réfléchir sur la condition humaine, sur nos vies qui se croisent sans vraiment se rencontrer. Julie Bouchard a une écriture fine, percutante et sans détours. Labeur laisse une vraie impression une fois le livre refermé.
« Labeur » est un roman d’une grande justesse sur la vie ordinaire et la routine du quotidien. L'autrice parvient à transformer des existences banales en une fresque humaine et profondément touchante. Derrière la banalité du trajet en autobus, on découvre la richesse et la fragilité de vies qui se croisent sans vraiment se rencontrer. Ce livre interroge notre rapport au travail, au temps et à la place que nous laissons au hasard dans nos vies. Un roman est très prenant et percutant.
je ne partage pas du tout l'enthousiasme des autres lecteurs. Dans une ville, différents personnages évoluent, aiment, travaillent et réfléchissent au sens de leur vie. Il semblerait que celle-ci ne leur donne pas satisfaction mais ont-ils le choix ? Sur un ton léger qui prend à partie le lecteur, une vision terriblement pessimiste de la vie. Construction très classique de roman choral non abouti. Humour plat et convenu.
J'ai aimé ce roman. Aux phrases percutantes, sans pitié et d'un pessimisme incroyablement sombre. J'ai été happée par un suspens qui monte doucement mais sûrement au fur et à mesure des phrases, j'ai donc été prise dans une certaine longueur sur Julia et l'homme néandertalien, un peu déçue de voir Anna revenir, d'être dans une écriture circulaire alors que j'aimais justement l'aspect à la chaîne. En fait dans ce monde pessimiste, les gens sont incroyablement liés entre eux - trop, même si c'est juste le temps d'une fellation où l'homme est laissé sans dire merci le pantalon sur les chevilles (l'image est dans le roman). A l'image de ce roman, un plaisir rapide mais avec un goût d'inachevé. Je n'ai pas aimé la chute d'Olivia, trop dramatique dans ce roman qui cherche à montrer la banalité de l'existence. L'autrice s'est laissée emporter par le narratif et l'incroyable. Il faudrait revenir à une écriture fordiste pour aboutir ce texte complètement.