Jonas et Lucie s’aiment. Lui est juif, elle non, mais il promet que c’est sans importance. Pourtant, elle comprend vite que pèsent sur lui des obligations qui les dépassent tous deux et auxquelles elle va devoir s’adapter. Quand leur ils Ariel naît, toute la famille est aux anges. Mais peu après son deuxième anniversaire, il commence à se montrer brutal avec les autres enfants, plongeant peu à peu le couple dans l’isolement. Pourquoi Ariel frappe-t-il ? Que dit cette violence de son histoire et de celle de ses parents ? La culture juive et l’altérité au sein du couple sont au cœur de ce roman drôle et tendre, qui porte un regard singulier sur cette furieuse tendance des enfants à ne pas être ce qu’on veut qu’ils soient.

C’est un texte délicat tant par le sujet évoqué que par le contexte dans lequel il se déroule. L’autrice décrit avec beaucoup de finesse, d’inquiétude et de réflexion les difficultés rencontrées par un jeune couple mixte (lui juif - elle catholique) face à des comportements très violents de leur très jeune fils à l’égard des autres d’abord, puis à leur encontre ensuite. Plusieurs hypothèses sont invoquées : manque d’autorité parentale, insuffisance de repères culturels, non-dits, traumatisme intergénérationnel… autant de pistes suivies, pour le meilleur et pour le pire. Pour finalement accepter avec sagesse, après beaucoup de dialogues, que les enfants ne sont que le fruit de la rencontre de leurs parents, eux-mêmes grands enfants n’ayant pas toujours réussi à bien grandir. Je mettrai juste un petit bémol sur le côté religieux, les pratiques et traditions juives et catholiques, qui prennent beaucoup de place à mon goût ! Mais ce roman n’aurait pas lieu d’être sans ces "excès"…