Dix-sept ans après avoir quitté Beyrouth, Amal revient au Liban, chez ses parents, pour refaire sa carte d’identité. Indépendante, libre, armée de son passeport français, elle croit ne revenir que pour une formalité administrative. Mais dans un pays meurtri par la crise et les désillusions politiques, l’attente de ce document va se transformer en séjour forcé, en traversée du pays et d’elle-même. Entre souvenirs d’enfance, années étudiantes sous tutelle syrienne et Liban post-explosion, Amal mesure la fracture qui la traverse : deux pays, deux langues, deux prénoms, deux vies parallèles qui ne se parlent plus.
Ce premier roman né d’une voix féminine arabe moderne regarde le Liban contemporain et pose la question de l’appartenance avec nuance, beauté et saine colère.

« Ici, la vie se passe sur les balcons et se contemple depuis les balcons. Il suffit d’y installer une chaise ou deux, orientées vers l’extérieur, une table pour y poser votre café et un cendrier. Puis de vous asseoir et d’attendre. De là, vous verrez nos vies se déployer comme les draps et les culottes qu’on étend sur des cordes à sécher, sans pudeur. Certes, on lave notre linge sale en famille, mais on l’exhibe quand il est blanchi » Ici, c’est Beyrouth, ville martyrisée par les conflits incessants et l’explosion de son port qui n’a rien épargné, dans laquelle Amal, libano-francaise, revient après 17 ans d’absence pour obtenir une carte d’identité : « un matin, je me suis réveillée en rêvant que je ne parlais plus l’arabe. J’ai compris qu’il fallait rentrer ». J’ai immédiatement été happée par la belle écriture de Manal Salamé, qui m’a immergée dans ce pays « de la taille d’un timbre poste » ; « mosaïque qui abrite 18 confessions», où la fête est un acte de survie, la beauté incrustée dans le subconscient, la cuisine un art de vivre ; où les femmes sont encore soumises à de grandes pressions sociales. J’ai été touchée par Amal, qui semble si proche de l’autrice et si différente de sa sœur, qui a appris à aimer le Liban pour le meilleur et le pire, alors qu’elle l’a fui ; par son écartèlement entre deux pays, deux cultures et sa quête d’identité. Un beau premier roman initiatique, d’une grande force, qui explore l’exil, le déracinement, le retour aux sources, d’une actualité brûlante au vu de la guerre qui de nouveau frappe si durement le Liban. Un Coup de ♥️
Un très beau premier roman que j'ai grand plaisir à lire, un petit long peut-être. J'ai beaucoup aimé le tressage des souvenirs, de l'histoire et de l'Histoire...dans lequel domine un espoir Habibi Beyrouth. Une quête révoltée et résignée de soi-même : d'Amélie à Amal, on part à la recherche des racines d'un personnage intriguant et sympathique.
Un texte totalement autobiographique écrit comme un journal de bord. Née en 1983 d’un père Libanais et d’une mère Algérienne, l’autrice vit et travaille en France comme artiste visuelle. Elle a acquis la nationalité française et se revendique « Libano Française ». Ce livre nous retrace les quelques semaines qu’elle passe au Liban en 2021, après une absence volontaire de sa part durant 17 ans. Au fil des pages, nous découvrons la complexité de ce pays, tant à l’époque actuelle que part flashbacks sur les décennies précédentes. C’est l’occasion de tenter de comprendre comment sa famille a vécu l’occupation syrienne, la montée des mouvements terroristes, les enjeux claniques et religieux. On lit se livre avec plaisir.
Amal retourne au Liban après 17 ans d’absence parce qu’elle sent qu’elle est en train de perdre ses racines arabes. Elle souhaite donc obtenir une carte d’identité libanaise en plus de son passeport français. La voilà donc à Beyrouth retrouver ses parents. Revenir au pays après tant d’années comporte de remuer des souvenirs et faire des comparaisons entre le pays qu’on a connu auparavant et ce qu’il est devenu depuis. Ce roman est, à mon avis, à classer au rayon « souvenirs, souvenirs ». Il est bien écrit, il est agréable, mais sans plus. Après avoir lu la quatrième de couverture je m’attendais à quelque chose de différent, plus centré sur la situation au Liban plutôt qu’un roman de famille. Mais ce n’est que mon sentiment, il reste un bon moment de lecture.
J'ai bien aimé ce livre car il est intéressant. Il parle d'une histoire vraie : Amal souhaite retourner dans son pays natal, pour revoir sa famille. C'est un roman facile à lire.
Habibi Beyrouth est un livre profondément touchant, qui nous pousse à nous interroger sur des sujets essentiels tels que l’identité, les origines et le rapport que l’on entretient avec son histoire. C’est aussi une lecture enrichissante, qui m’a permis d’apprendre de nouvelles choses et de découvrir des réalités que je connaissais parfois mal. Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est la justesse avec laquelle l’autrice aborde ces sujets. Son récit me paraît tellement sincère et authentique que j’ai le sentiment qu’elle a véritablement vécu ce qu’elle raconte (je ne peux pas croire qu’Amal soit un personnage fictif). Certains passages ont d'ailleurs fait écho en moi, comme si l'autrice mettait des mots sur mes propres ressentis. J'ai surtout été marqué par « Mommy », la mère d'Amal, dont le parcours ressemble énormément à celui de ma propre mère. Forcément, ce miroir m'a touché et m'a tout de suite connecté à l'histoire. J’ai également trouvé ce livre particulièrement immersif : l’autrice a un véritable talent pour nous plonger dans l’atmosphère de Beyrouth, au point de nous donner l’impression d’y être, presque de pouvoir toucher la ville. Sa manière de nous faire entrer dans ses pensées et de nous transmettre ses émotions rend le récit d’autant plus vivant et prenant. Le seul petit bémol que je pourrais relever concerne la longueur du livre. J’ai parfois trouvé qu’il y avait quelques longueurs qui auraient pu être évitées. Cela reste néanmoins un très bon premier roman, touchant et enrichissant, qui témoigne d’une véritable sensibilité et d’un réel talent d’écriture.
Le personnage d'Amal m'a énormément touchée. Cette dualité de l’exilée, tiraillée entre sa vie en France, et ses racines libanaises qui la rattrapent par un simple rêve est très intéressante. En lisant ce roman on s'imagine à ses côtés, on peut même sentir la menthe ou le sésame quand elle déambule dans les étales. Cela nous donne une représentation pertinente des fractures du Liban d'aujourd'hui, loin des clichés de la carte postale. Cependant le rythme académique du récit souffre parfois de lenteur, les déambulations et l'attente d'Amal allongent le récit. Toutefois j'ai apprécié ce premier roman, je recommande !