Comment écrire ce qui a été passé sous silence, comment raconter une mémoire qui se délite ? Comment transmet-on les silences et l’oubli de génération en génération ? » Elle est là, assise dans le livre comme dans son canapé, pleine d’amour et d’oubli. Elle ne voit pas de quoi ça parle. Je me mets à reconstituer son enfance à partir des quelques lambeaux de son histoire dont j’ai hérité. Je me donne pour règle d’écrire strictement à partir de ce qui, de son histoire, a été déposé en moi. Je m’interdis toute forme de recherche ou d’enquête. Pas de questions non plus à mon père sur sa mère. C’est une manière, me dis-je, de respecter son silence. Ce qu’elle ne m’a jamais dit ne sera pas dit dans le livre. Comme elle oublie, le livre doit oublier aussi. » Enfant, la grand-mère de Raphaël Sigal a traversé la Shoah. À la fin de sa vie, alors qu’elle souffre de la maladie d’Alzheimer, son petit-fils entreprend d’écrire son histoire. Mais comment raconter une vie à partir d’indices épars ? Que faire des oublis et des silences qui se transmettent d’une génération à l’autre ?

À lire absolument ! Shoalzeimer .
Bon. Je me suis dit "encore une histoire de grand-mère !" Il faut dire que c'est à la mode de parler de sa grand-mère, il n'y a qu'à voir la présélection du festival de cette année. Il est vrai que Raphaël Sigal en parle bien et de manière originale...mais voilà ce n'est pas un roman. C'est un bel essai, au sens de Montaigne, qui s'essaye à penser l'oubli, l'alzheimer et pose un concept celui de shoalzheimer. C'est un hommage à la voix d'une femme, rescapée parmi quelques autres parmi des milliers de captives et de captifs dont les voix ont été tues. On entend la voix d'une disparue qui se bat avec sa mémoire. C'est une vision des coulisses de l'écriture de la thèse, de l'écriture d'un roman. C'est l'antichambre de l'auteur. Ce n'est pas un roman ; l'auteur brosse d'ailleurs sa méfiance envers la fiction, son désir de la fuir. J'ai eu plaisir à lire ce texte ; j'ai noté des citations pour nourrir des réflexions personnelles, professionnelles et remplir un réservoir de dissertations. J'ai eu plaisir à penser ce texte. Mais ce n'est pas un roman.
Un livre qui se lit facilement. L’écriture est assez simple accessible et compréhensible, ce qui rend la lecture fluide. Je l’ai lu presque d’une traite. malgré cette facilité de lecture je n’ai pas trouvé que le livre avait un réel intérêt. Tout au long de ma lecture, j’ai eu du mal à comprendre où l’auteur voulait nous emmener. J’avais souvent l’impression que l’auteru se racontait une histoire à lui-même et Sa réflexion personnelle prend trop de place le rendant difficile à suivre et l’on se perds dans ses idées Ma déception est aussi liée à la quatrième de couverture qui selon moi ne correspond pas vraiment au contenu du livre. Je m’attendais à découvrir une véritable histoire centrée sur la vie de sa grand-mère et sur ce qu’elle avait vécu. EN lisant j’ai compris que le livre n’était pas un témoignage mais une réflexion de l’auteur autour de la mémoire et de l’oubli. À partir de là je m’attendais à ce qu’à la fin du livre il y ait un véritable aboutissement/resultat, un travail qui acceède à un vrai témoignage. Mais à la fin on n’apprend pas réellement plus de choses sur la vie de sa grand-mère ce qui empêche(a mon avis) d’accéder à son témoignage personnel. Cette déception est aussi liée je pense à mon expérience personnelle. J’ai eu la chance de me rendre à Auschwitz, de rencontrer une ancienne rescapée juive qui a survécu a Auschwitz, d’échanger avec elle, de lire son livre ainsi que d’autres témoignages de survivants des camps. Ces récits sont très forts percutants et bouleversants. Et ici je n’ai pas réussi à voir la réelle plus-value de ce livre. J’ai eu du mal à comprendre ce que l’auteur voulait transmettre et j'ai eu l’impression qu’il n’a boutissait pas a grand chose. De plus, même si la grand-mère de saphaël sigal a évidemment été marquée par cette période, comme toute une génération, son histoire m’a semblé éloignée de la réalité vécue par les déportés des camps je n’ai pas retrouvé les mêmes enjeux ni l' intensité que dans les témoignages directs de rescapés. Le fait que sa grand-mère soit atteinte de la maladie d’Alzheimer donne l’impression d’un travail long et difficile mais je me suis demandée si ce travail avait abouti à quelque chose et si le résultat valait vraiment les années de recherche et de réflexion qu’il décrit. Enfin, même si certains idées de l’auteur sont justes et que je suis d’accord avec plusieurs de ses pensées/réflexions je me suis parfois sentie perdu dedans. Pour moi un livre sur la Shoah doit nous faire réfléchir mais aussi nous marquer profondément. cette lecture ne m’a ni bouleversée ni réellement déstabilisée. Je n’ai pas eu le sentiment d’en ressortir transformée ou enrichie par un témoignage fort ce qui explique ma déception sur ce livre.
Un livre fluide et facile à lire dans le style d'écriture! Cependant, je trouve qu'on se perd parfois dans les pensées de l'auteur, comme lui se perd dans l'écriture de son livre. On a l'impression qu'il ne sait pas où il veut en venir, ce qu'il veut nous transmettre dans son écrit. J'ai trouvé qu'il s'agissait plus de réflexions, mises côte à côte, sur l'oubli, la transmission. Toutefois, j'ai apprécié ce livre parce qu'il permet de voir le tout le travail que peut parfois demander l'écriture d'un livre : recherche sur les mots, sur le style, sur la forme. Un bon essai qui n'aboutit pas au stade de roman. On a l'impression qu'il n'est pas aller jusqu'au bout de son oeuvre.
Une belle surprise. Le style est d'abord surprenant, mais il est aisé de s'y adapter pour réellement apprécier l'ouvrage, que j'ai finalement fini très rapidement. J'ai trouvé, dans la narration parfois brumeuse, une réelle invitation à la réflexion. Comme pour beaucoup, la mémoire est un sujet qui me tient à cœur, et bien que ce thème soit récurrent, en particulier dans la littérature, j'ai pu découvrir une nouvelle approche de celle-ci par les réflexions très nombreuses et juxtaposées de l'auteur, et mon intérêt s'est vu nourri davantage encore du fait que l'ouvrage paraisse dans un contexte propice à la remontée d'un antisémitisme. La question de la maladie, elle aussi, est très présente et pousse à s'interroger sur la société ; la présence de ce sujet reflète paradoxalement le besoin de faire mémoire, même face aux plus dures conditions qui éloignent de la réalité des événements. En parlant de réalité, cet ouvrage m'a aussi poussé à m'interroger sur la nature de celle-ci et la façon dont les sociétés la conçoivent. Je suis néanmoins resté perplexe face au parti pris d'expliciter à l'écrit les réflexions quant à l'élaboration de l'ouvrage…