La narratrice est une adolescente. Mais tout aussi bien, il s’agit d’un narrateur adolescent. Ou du moins, la jeune fille se rêve garçon, se transforme garçon. Dans sa tête, dans son univers. Iel raconte la vie au collège, les copines, Leïla surtout, proche, désirable, et Alexandra, ou Aude. Le préau de la récréation. Les salles de cours. Les armoires, la cafétéria. Les sorties, dont une participation fictive à une élection, à la mairie. Occasion pour le père d’affirmer ses opinions autoritaristes. C’est un beauf. C’est pire, nettement pire, en fait. La mère, surprotectrice, reste aveugle. Elle ne veut pas voir. Et petit à petit, le lourd secret éveille l’attention de Mme Gisèle, une des profs du collège. Tout, alors, change. Un dérapage, et une fin qu’on laisse le lecteur découvrir.
La maison d'édition :
L'ambition des fondateurs du Seuil est aujourd'hui intacte et plus utile que jamais. Fort de ces convictions, Le Seuil est désormais au premier rang des maisons généralistes, présent dans tous les domaines éditoriaux : littératures française et étrangère, thrillers et policiers, sciences humaines, documents, spiritualités, sciences, jeunesse et beaux-livres.
Texte surprenant et âpre. âpre par son thème, par ses silences, par sa langue - on ne sait et on ne saura jamais qui est le narrateur il/ elle/ iel et je me suis certainement perdue inutilement dans ses réflexions. L'auteur démontre que la langue est politique; C'est peut-être cela le message le plus essentiel du texte. Le reste m'a semblé plus simple.
Ecriture inclusive, avec le narrateur qui est alternativement masculin et féminin. Trop de sujets brassés: vote des mineurs, violence sur mineur, montée du RN effleuré, désarroi de la communauté des profs
C'est l'histoire d'une collégienne agressée sexuellement par son père, qui se confie à une enseignante suite à une séance en classe à ce sujet. On suit la jeune fille ainsi que l'enseignante troublée et désarçonnée par la révélation. Par ailleurs (ou pas ?) la jeune fille parle d'elle-même tantôt au féminin tantôt au masculin. Je trouve que ce roman part un peu dans tous les sens, qu'il manque d'une véritable intrigue mais que ça s'arrange dans la deuxième partie. Je trouve aussi que c'est un roman vraiment original et intéressant dans le fond, même si j'ai eu un peu de mal à suivre. Extraits choisis : "Nous voilà toustes en tas devant la salle 129 " ; "Iels arrivent à la queue leu leu" ; "Que celleux qui se mobilisent ne font pas exception à la règle" ; "Comment protéger les acteurices"
L’auteur est fortement engagé dans la mouvance LGBTQIA+. Son travail et ses écrits questionnent les normes de genre et les dynamiques de pouvoir. Dans ce roman de fiction, l’auteur nous entraine à suivre le parcours d’une jeune adolescente de 13 ans qui rencontre manifestement des problèmes dissociatifs. D’une écriture fluide, parsemée « parfois d’envolées inclusives » sur le plan grammatical, c’est un roman « essai » passionnant qui questionne fortement.