Cécile, fille unique, voit sa vie se dédoubler. Entre réalité tragique et fantaisie salvatrice, elle accompagne ses parents qui glissent l’un et l’autre dans l’univers de la démence. Philémon et Baucis, puisque tel est leur nom, emprunté à la fable d’Ovide, jouent désormais sur une autre scène et l’entraînent à leur suite. Dans ce pays parallèle, les règles changent et redéfinissent le contour des choses. Comment suivre ceux que l’on aime sans perdre soi-même la raison ?
A propos de l'auteur :
AURAIX-JONCHIERE Pascale :
Pascale Auraix-Jonchère est professeure à l’université de Clermont-Ferrand où elle enseigne la littérature. A la belle saison est son premier livre publié aux Editions Arléa.
®Arléa
La maison d'édition :
Arléa :
Arléa est une maison d’édition créée en 1986. Arléa publie une trentaine de titres chaque année.Son catalogue comporte : des textes de littérature française et étrangère, des premiers romans, les grands classiques de l’Antiquité, des récits de voyage, quelques essais et livres d’histoire.
Récit touchant et surtout fort bien écrit sur ces thématiques auxquelles beaucoup d'entre nous ont été -ou sont toujours- confrontées.
Récit essentiellement intime, qui dit la dérive et le naufrage de ses parents (« cette lente dérive des continents », dit-elle). Mais l’écriture poétique, qui parfois nous égare tant elle s’égare elle-même dans le travail esthétique, donne au livre une dimension mythologique. Il faut citer la belle idée de l’autrice qui, pour mettre à distance cette tragédie, appelle les deux vieillards Philémon et Baucis. Construction : sur une ligne chronologique, jeu intéressant sur les temporalités.
Nous suivons Cécile, fille unique, qui s’occupe de ses parents Philémon et Baucis. (Dans la mythologie grecque, Philémon et Baucis sont un couple de vieillards phrygiens qui offrent l'hospitalité à Zeus et à son fils Hermès, et qui sont transformés en arbres à leur mort selon leur souhait de rester unis). Au départ c’est la réflexion de son père qui pense tout haut que ce serait quand même bien d’aller en Maison de retraite. Réflexion anodine ? où y a-t-il un message derrière ? Puis les événements vont se succéder : les chutes, les appels dans la nuit, la détresse face à des assaillants imaginaires, l’hospitalisation jusqu’à ce qu’il faille se résoudre : ses parents ne sont plus à même de vivre seuls chez eux et il faut prendre la décision d’aller en Maison de retraite. L’autrice nous partage son quotidien face à ses parents qui glissent dans la maladie et la « démence sénile ». Le récit est touchant, plein de vérités et de sincérité…bien écrit On peut être déranger par l’utilisation de la troisième personne ou du nous. Est-ce pour mettre de la distance comme si pour l’autrice cette troisième personne décrit ce que le personnage principal voit, ressent…
Au fil des jours Cécile voit ses parents sombrer dans la démence. Ils ne peuvent plus vivre chez eux tous seuls, il faut qu’ils intègrent une structure spécialisée. Ce roman est la description de ce que vivent les personnes dont les proches ne sont plus ce qu’ils étaient, mais deviennent, avec le temps, seulement un problème à gérer. Un bon roman, qui traite un sujet sensible. Seule l’écriture est ennuyeuse, car, à mon sens, plutôt prétentieuse. Et j’ai trouvé le constant passage de la deuxième à la troisième personne du singulier assez agaçant. Mais je comprends parfaitement que cela est un choix de style de l’auteure qui, évidemment, écrit son roman comme elle l’entend.