Le chien de Schrödinger (2018)

Dumont Martin

« Les fils grandissent en s’éloignant des pères ; c’est dans l’ordre des choses. »

Le monde de Jean, c’est Pierre, le fils qu’il a élevé seul. Depuis presque vingt ans. il maraude chaque nuit à bord de son taxi, pour ne pas perdre une miette de son fils. Il lui a aussi transmis son goût pour la plongée, ces moments magiques où ensemble ils descendent se fondre dans les nuances du monde, où la pression disparaît et le coeur s’efface. Mais depuis quelque temps, Pierre est fatigué. Trop fatigué. Il a beau passer son temps à le regarder, Jean n’a pas vu les signes avant-coureurs de la maladie. Alors de l’imagination, il va lui en falloir pour être à la hauteur, et inventer la vie que son fils n’aura pas le temps de vivre. Quand la vérité s’embrouille, il faut parfois choisir sa réalité. Un premier roman pudique et poignant, le roman de l’amour fou d’un père pour son fils.

« J’ai marché jusqu’a la plage.
À vrai dire, c’était plutôt une crique, un bazar de sable ; des roches plantées un peu partout. L’écume fouettait l’ensemble avec acharnement.
J’ai écouté les vagues se fracasser. Je les voyais à peine. Une nuit sans lune était tombée, du pétrole sur l’horizon. J’ai inspiré l’odeur de la marée. J’ai compris à quel point ça me manquait, cette histoire d’embruns.
J’ai pensé qu’un jour j’y reviendrai à toute cette flotte. »

  • - Année de publication : 2018
  • - Pages : 138
  • - Éditeur : Delcourt
  • - Langue : Français

A propos de l'auteur :

Dumont Martin :

Né à Paris en 1988. Martin Dumont a longtemps vécu en Bretagne, où il est tombé amoureux de la mer. Un décor au cœur de son premier roman. Le Chien de Schrödinger, et une passion dont il a fait sa profession : il est aujourd’hui architecte naval.

La maison d'édition :

Delcourt :

"Au cours des trois dernières décennies, j’ai eu le privilège d’accompagner l’essor extraordinaire de la bande dessinée francophone. Portée par des auteurs visionnaires, elle s’est affranchie de ses limites originelles pour se répandre dans tous les genres, dans tous les styles, chez tous les publics – le lectorat féminin en…

4|5
1 avis
2 Commentaires
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  • Fabrizio Di Majo Groupe Esprit livre - Torino
    7 novembre 2018

    Un roman déchirant, plein de sentiments humains; l’auteur est très jeune, mais quelle sensibilité!. La trame - un père qui a élevé son enfant tout seul (sa femme est morte quand l’enfant était encore petit) et le voit mourir de cancer a vingt ans – est rendue plus fascinante par l’histoire d’un livre écrit par le garçon. Un livre qui existe et en même temps n’éxiste pas, comme le chat de Schrödinger, qui est en même temps vivant et mort (et, étant donné que le protagoniste n’aime pas les chats, le paradoxe peut se réferer aussi bien à un chien, dont le titre). Une trouvaille ingénieuse, bravo!

  • Paola - Groupe Esprit Livre - Turin
    9 novembre 2018

    Un père élève tout seul son enfant après le décès de la mère, mais il n’a pas le bonheur de le voir faire sa vie : un cancer l’emporte à l’âge de vingt ans. Le jeune homme a toujours rêvé d’écrire un roman qui serait publié. Quand il tombe malade n’a pas encore terminé son manuscrit, mais, au prix de grands efforts, il y arrive pendant son hospitalisation et demande à son père de l’envoyer aux éditeurs. Le père essuiera plusieurs refus, mais il fait croire à son fils que son œuvre sera bien éditée. Piteux mensonge qui creusera un trou profond dans l’âme du père, déchiré entre la honte d’avoir menti à son fils et le bonheur que ce même mensonge a pu donner au garçon à la fin de sa vie. Un livre qui n’existe pas mais qui est bien réel dans l’esprit du jeune homme. D’où le paradoxe de Schrödinger. Un roman touchant de bout en bout, tous les personnages – le père surtout, bien évidemment – très bien brossés, avec un surplus admirable d’humanité et d’empathie de la part de l’auteur. J’ai participé au drame de ce père et de son fils, j’ai pleuré avec eux et j’ai refermé le livre avec le sentiment d’avoir été témoin d’une grande histoire d’amour paternel. Bravo et encore bravo au jeune écrivain. Je pense qu’on entendra encore parler de lui.