Que sur toi se lamente le Tigre (2020)

Malfatto Emilienne

Dans l’Irak rural d’aujourd’hui, sur les rives du Tigre, une jeune fille franchit l’interdit absolu : une relation amoureuse hors mariage. Quelques moments de complicité, de douceur, d’amour peut-être, arrachés à un quotidien de deuils et de violences. Avant le départ au combat, Mohamed se fait plus insistant, alors la jeune fille cède, après tout ne vont-ils pas se fiancer bientôt ? Mais cette dernière étreinte, cet élan vital, engrange une mécanique implacable. Mohamed tombe sous les bombes, elle est enceinte : son destin est scellé. Alors que la tragédie se noue, le regard de la jeune fille alterne avec ceux des membres de sa famille, réprobateurs, nuancés, lâches. Ensemble ils forment une ronde d’ombres muettes, tandis qu’en contrepoint, la présence tutélaire de Gilgamesh, héros mésopotamien, porte la mémoire du pays et de ses hommes.

Inspirée par les réalités complexes de l’Irak qu’elle connaît bien, Emilienne Malfatto nous fait pénétrer avec subtilité dans une société fermée, régentée par l’autorité masculine et le code de l’honneur. Un premier roman fulgurant, à l’intensité d’une tragédie antique.

  • - Année de publication : 2020
  • - Pages : 77
  • - Éditeur : Elyzad
  • - Langue : Français

A propos de l'auteur :

Malfatto Emilienne :

Emilienne Malfatto, est née en 1989. Elle a étudié en France et en Colombie et est diplômée de l’école de journalisme de Sciences Po Paris. Elle a ensuite intégré l’AFP, en France puis à Chypre. Depuis 2015, elle travaille comme journaliste et photographe indépendante, principalement en Irak. Elle parle couramment l’arabe et le kurde (en plus de l’anglais et l’espagnol).

Le Prix France Info-Revue XXI lui a été décerné en 2015 pour son reportage Dernière escale avant la mer. En 2019, son projet Al-Banaat, dans le sud de l’Irak, a été distin­gué par le Grand prix de la photographie documentaire de l’IAFOR. Ses photos sont publiées dans Le Monde, Le Figaro, Libération, le Washington Post et le New York Times.

 

Que sur toi se lamente le Tigre est son premier roman.

La maison d'édition :

Elyzad :

Nées à Tunis en 2005, les éditions Elyzad publient des textes littéraires en langue française, apportant un soin particulier à la qualité de l’écriture. Regards posés sur la société arabe, écritures nomades habitées par l’ailleurs, du Japon aux Balkans, les éditions Elyzad se veulent un espace de rencontres, de découvertes…

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4 avis
6 Commentaires
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  • modile
    20 octobre 2020

    Roman court mais terrible . Chaque mot est compté, calculé, juste. Le Tigre sépare les chapitres comme le fleuve le pays. La tragédie arrive, les larmes n'y peuvent rien. Il faut le lire !

  • 34313
    9 novembre 2020

    Chronique d'une mort annoncée. Roman tragique mais necessaire.Phrases courtes percutantes comme un couperet. Chapitres entrecoupés de citations de l épopée de Gilgamesh : un peu hermétique. "Chez nous, mieux vaut une fille morte qu une fille mère "...

  • Dima
    10 novembre 2020

    Cet assassinat ,meurtre programmé ,d’une jeune femme ayant bravé l’interdit : «  aimer sans autorisation ,sans mariage «  est terrible . Une tragédie se déroule sous le regard tutélaire de Gilgamesh, héros mésopotamien porteur de la mémoire du pays et des hommes . A lire !

  • cdilyceelouisarmand
    25 novembre 2020

    Malgré la tragédie de ce roman et le déchirement de cette famille patriarcale, cette histoire pleine d'émotion nous fait pénétrer dans l'univers irakien. L'auteur, grâce à ses qualités d'écriture arrive parfaitement à faire le lien entre le Tigre et le personnage principal à l'aide d'une métaphore filée qui nous guide tout au long de l'histoire. Ce livre mérite d'être lu, apprécié, et savouré par un grand nombre de lecteurs ! Merrouche Bilal Ricard Romane My Esteban 202

  • cdilyceelouisarmand
    3 décembre 2020

    C’est un livre publié en France, écrit en français, destiné à un public français donc et qui dénonce les crimes dits d’honneur en Irak. Mais en France, il est complètement acquis que les crimes d’honneur sont condamnables, c’est donc un livre qui enfonce une porte ouverte. En apparence, c’est un livre qui sert la cause féministe en dénonçant les crimes d’honneur mais en réalité il se sert de cette cause pour lui emprunter de l’approbation : l’auteur ne sert pas la cause féministe puisqu’il est complètement acquis pour le public français que les crimes d’honneur sont condamnables, l’auteur se sert de cette cause pour rallier le public. Or, cela est problématique car ce livre dit aussi que le monde arabe est barbare, sauvage (l’arabe sanguinaire, le cliché n’est pas nouveau !) Alors, bien sûr, on a le droit d’informer et de condamner les crimes d’honneur en Irak ou ailleurs, c’est même indispensable de le faire mais ce serait bien de le faire sans généralisation abusive : on trouve quand même cette phrase dans ce livre « je suis morte comme toutes les femmes irakiennes, condamnée de naissance. » page 77 Le propos est au minimum malheureux et ambigu. Il y a aussi : « nous sommes un pays de victimes et d’assassins » page 66. Il y a trop de publications françaises qui disent cela alors que le monde arabe est aussi un monde de générosité, de solidarité, de raffinement et de délicatesse… Véronique

    • Dima
      3 décembre 2020

      La littérature a le droit de dire ce qu’elle veut . L’auteur est spécialiste de l’Irak et du monde arabe si j’en crois ce qui est dit dans la biographie. Bien sûr le crime d’honneur, comme tous les crimes , est à dénoncer où que ce soit . Aujourd’hui en France et dans une bonne partie du monde c’est un crime tout court, un assassinat puisque prémédité . Ce ne fut pas toujours le cas , heureusement la loi a permis de l’interdire, lisez le domaine des murmures de Carole Martinez, où des filles étaient recluses par leur père , Colomba de Prosper Merimée, honneur et vengeance... lisez ou regardez les tragédies de Shakespeare ,jalousie,honneur, vengeance, assassinat... Lisez aussi les pages consacrées à ces crimes dans Wikipedia c’est très instructif. Un roman féministe , peut être, puisqu’il défend la cause des femmes mais aussi ,comme le disait Gisèle Halimi Taïeb ( une avocate franco tunisienne exceptionnelle) libérer la femme c’est libérer l’homme ! Enfin c’est super de pouvoir échanger sur ce roman et les autres d’ailleurs et j’espère Qu’on pourra le faire «  en vrai «  avec l’auteure.