Paris, années 80, rue de la Folie-Méricourt, un restaurant italien à l’abandon, l’Amore e Gusto, abrite une fratrie d’orphelins : les Cipriani. Benito, le petit dernier, vient tout juste d’avoir 18 ans.
Il aimerait avoir l’assurance et la rage de Primo, la bonté naturelle et la force de Piero, ou encore la révolte de sa sœur, Chiara. Il aimerait leur dire, mais Benito, lui, c’est le silence…
Alors, quand ils reçoivent une lettre de leur mère annonçant son retour après dix années d’absence, l’équilibre précaire de la famille bascule dans la nuit.
Récit d’une errance depuis les bas-fonds de Paris jusqu’aux couloirs de Sainte-Anne, en passant par l’histoire familiale et le silence, nous suivons Benito dans son périple ponctué d’incompréhension, de drames et de rencontres émouvantes (un mac, une prostituée, un fou, un poète anarchiste, etc.).
Ainsi, avec un narrateur à la gouaille troublante de sincérité, Les Mandragores nous entraîne dans une quête de soi et des autres, d’une profondeur stupéfiante, pour « briser le silence et faire rire les copains avec les mêmes mots ».
Ce livre est donc l’histoire d’une jeunesse en lutte contre l’accablement, l’enfermement et le désespoir, et qui ose faire face au jour qui se lève. Un premier roman d’un jeune homme de 22 ans.

Epoustouflant étant donné que c’est un premier roman et que l’auteur n’a que 22 ans !!! Benito, le narrateur et héros de cette histoire est le petit dernier d’à peine 18 ans d’une fratrie de quatre, que les parents ont abandonné à l’étage d’un ancien restaurant parisien pour des raisons peu avouables. Ils vivent et survivent, bon an mal an. Chacun, sauf lui, ayant fait sa place dans ce monde des années 80 pas toujours facile, sous l’égide de l’aîné – musicien brillant et adulé mais détruit par les violences qu’il a subies. Benito est fondamentalement en colère contre la vie depuis tout petit et cherche sa raison d’être et son identité. A la suite d’un geste désespéré, il est hospitalisé contre son gré à Sainte Anne où il découvre un univers sans doute pire que celui dans lequel il essayait de grandir. Il y fait des rencontres étonnantes et marquantes. Les parents réapparaissent, chacun à leur tour. Et tout va très vite ensuite, jusqu’au drame final. Apothéose inimaginable hors d’un roman, quoique ? Le jeune auteur aborde avec une réflexion et une écriture plus que maitrisées les thèmes difficiles de la folie, l’inceste, la violence, la prostitution, la psychiatrie inadaptée, la mort, l’alcool… L’amour et l’amitié bien sûr, sinon ce serait insupportable. C’est brillant et, contre toute attente, très lumineux.
« C’est maman. Elle revient. Ça a fait l’effet d’une bombe, un grosse , une américaine, le genre qui dégomme tout à la ronde et qui l’aise un sifflement à la con dans l’oreille » Ça laisse sur le cul, c’est le moins que l’on puisse dire, la fratrie Cipriani qui vit seule, à Paris dans un restaurant à l’abandon « L’Amore », leur deux parents s’étant faits la malle sans scrupule ni regret, depuis un bout de temps ! Une fratrie de 4 enfants Primo, l’aîné, l’artiste violoniste, rempli de colère « parce que rempli d’injustice », Piero, le second, atteint de cécité, qui entretient une relation intime, voire grossière avec la bouteille, La douce Chiara, devenue sage femme, dont le bec de lièvre formait un sourire à faire brailler tous les nouveaux nés, Et Benito, le petit frère, qui fête tout juste ses 18 ans, narrateur de ce roman. Plonger dans la tête de Benito, c’est tout à la fois plonger dans son histoire familiale tout aussi noire que glauque, mais aussi dans son désespoir, celui d’avoir été abandonné : « Ce qui est terrible avec l'abandon c'est que ça se terminera jamais. C'est tout le principe, d'ailleurs. On doit vivre avec ça, un trognon coincé dans la gorge, sans que personne parvienne jamais vraiment à le retire » Ce désespoir qui le conduit à vouloir lâcher la rampe, à fuir, jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il devra saisir les mandragores et les arracher de sa tête. La grande force de ce premier roman est l’écriture virtuose de ce très jeune auteur de 22 ans, pleine de gouaille et de profondeur, au style qui fait mouche. Mon tout petit et très très petit bémol est l’histoire peut être un peu trop « misérabilismes » Un premier roman à découvrir qui fait partie des bonnes surprises de cette rentrée littéraire et une plume à suivre de très près !
Une écriture virtuose pour ce 1er roman à seulement 22 ans ! A suivre de près
Une belle découverte que ces Mandragores. Le lecteur plonge dans le tourbillon familial d’une fratrie italienne des années 80. Au coeur de Paris, le jeune Benito, nous entraine, avec son parler bien à lui, dans une famille dysfonctionnelle, flirte avec Sainte Anne et pose la question des choix qui creusent le sillon nos vies.