La nuit nous serons semblable à nous mêmes (2020)

Giorgetti Alain

Adèm est allongé sur la plage, incapable de bouger. Pour quitter son pays, il a payé très cher sa traversée. Évidemment, l’embarcation a fait naufrage. Où sont les autres ? Qu’est devenue sa sœur avec qui il se trouvait ? Attendant que le jour se lève et que viennent peut-être des secours, il se souvient de toute son histoire. Enfance insouciante dans la montagne, ombres de la dictature, disparition de son père enlevé par la milice, de sa mère partie le rejoindre. Puis la fuite avec sa sœur, les camps, l’espoir têtu d’arriver de l’autre côté de la mer, là où il est permis d’espérer un futur. Les souvenirs et les pensées d’Adèm se mêlent au rythme des vagues. Il s’accroche à sa mémoire afin de conjurer la nuit qui menace de l’engloutir. On ne sait pas d’où il vient, ni quelle langue il parle, ni comment s’appelle son pays, mais ses paroles nous emportent en un long poème faisant écho à tous les exils. Au nôtre ?

  • - Année de publication : 2020
  • - Pages : 270
  • - Éditeur : Alma
  • - Langue : Français

A propos de l'auteur :

Giorgetti Alain :

Alain Giorgetti, né en 1963 à Villerupt, Meurthe-et-Moselle. Peu d’études, beaucoup d’emplois. Depuis l’apprentissage en mécanique jusqu’à l’animation en bibliothèque, en passant par l’hôtellerie, le théâtre, la figuration, la vente de pop-cornet la chronique littéraire. Auteur, réalisateur, plasticien. Il vit à Strasbourg. La nuit nous serons semblables à nous-mêmes est son premier roman.

Photo : Coline Sentenac

La maison d'édition :

Alma :

Alma (fondée en 2011) publie une vingtaine de titres par an - littérature et sciences humaines. Dans ces deux domaines, l'art du récit donne sa couleur à la manière de voir le monde et de lire l'histoire en train de se faire. L'écriture participe de la vie politique, de la société,…

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  • Lauriane
    13 novembre 2020

    Rare qu'un livre me marque autant, mais il résonne dans le contexte des migrations actuelles. Tant de migrants et de destins que nous croisons et qui illustrent les maladies de nos société. A travers la vie d'Adèm, c'est tous ces êtres humains qu'on découvre, ceux qui ont du quitter leurs pays, ceux qui se retrouvent un jour échoués sur une plage européenne, et que nos cœurs sont incapables d'accueillir et d'aimer comme des êtres humains. Bouleversant.

  • lamia.charai
    17 novembre 2020

    Un roman passionnant et captivant car on s'identifie aux personnages : on ressent les mêmes émotions . C'est un roman qui parle d'un sujet d'actualité : les migrants . Le personnage principal nous fait part de ses souvenirs qui traînent dans sa mémoire durant une nuit pour faire passer le temps , après avoir faire naufrage pour fuir son pays à cause des conditions de vie difficiles comme la perte de proches qui entrainent un manque ou bien le régime politique qui est une dictature .

  • Sylviane
    1 décembre 2020

    Véritable coup AU coeur pour ce roman sur l exil. Adèm, échoué sur une plage inconnue après le naufrage déroule ses souvenirs, sa famille, son territoire comme un fil qui le retient de sombrer dans le froid glacial de la nuit. Il attend l aube avec le fol espoir de vivre. Adèm n a pas vraiment de visage,un ado sans âge precis, pas de pays à situer sur une carte, c est n importe qui sous un regime autoritaire et personne ne merite "ça". L ecriture est belle, sincère sans pathos. C est tres émouvant, révoltant. Nous ne savons que faire sinon aider ceux qui sauvent. P.56"la lune avait totalement disparu.Les etoiles etaient offusquées"

  • christian legrand
    29 janvier 2021

    Tel le flux et reflux des vagues en bord de plage, les souvenirs d'Adem s’entrechoquent, repartent et reviennent sans devoir s’arrêter. « Depuis que je suis échoué là, je fais les cent pas dans les couloirs de mon existence... » (p.147). Le texte est très dense, la seule respiration est le changement de chapitres (ni nommés ou numérotés), anonymes telles les vagues...L’écriture est soignée mais le vocabulaire ne correspond pas à un jeune d’environ douze ans. Le texte fouillé et détaillé est en contradiction avec l’objectif d’écrire un roman généraliste sur l’exil sans nommer les lieux et l’époque. J’ai été gêné de ne pouvoir situer le roman dans l’espace/temps alors que les détails situent l’enfance dans une ferme des Alpes françaises, la capitale serait plutôt en Europe du Sud ainsi que l’île pour l’extraction du marbre, le trajet de 3000kms et deux frontières passées pour un exil vers où ? La Grande Bretagne on l’Afrique ? Quel pays européen abrite cette dictature ? J’aurai préféré que la fiction soit totale, dans un pays imaginaire pour créer une histoire universelle sur l’exil. (Note : 3,5)

  • VeroniqueG
    9 février 2021

    Le narrateur, Adèm, est un enfant allongé sur une plage qu’il ne connait pas, à la suite d’un naufrage. Il aimerait se lever mais n’y parvient pas. Il attend l’aube dans l’espoir qu’un sauveteur vienne l’aider. Il pense à son pays qu’il a fui à cause de la dictature, à sa famille, à sa maison, à son village de montagne. L’enfant repense aussi au campement où il a vécu avec sa sœur, en attendant l’embarquement. Les pensées et les souvenirs vont et viennent à la manière des vagues qui affluent et refluent et on est parfois un peu perdu. Je n’ai pas non plus aimé le fait que l’histoire ne soit pas située dans l’espace : l’auteur ne donne aucune indication géographique. Les noms et prénoms sont « universels » : l’enfant s’appelle Adèm (= Adam ?), sa sœur Sara, son oncle Virgile, sa mère Théa, son père Milès, son instituteur M. Dumez. Et le chef de file de l’opposition Yanis Pablos. Peut-être l’auteur n’a-t-il pas souhaité situer géographiquement l’histoire afin d’éviter que certains lecteurs se sentent étrangers à cette histoire et pas concernés par elle. Mais pour moi, l’absence d’ancrage dans un pays donné, dans une culture donnée a rendu l’histoire pas très crédible et pas cohérente. Ce roman se termine par une postface intéressante intitulée « Lignes de suites » : l’auteur y explique que sa fille (en CE2) lui a dit un jour en rentrant de l’école que « les migrants viennent ici parce qu’ils sont pauvres et qu’ils veulent prendre notre place ». Alain Giorgetti déclare avoir écrit ce livre pour répondre. Il est en effet essentiel de répondre et l’auteur a eu le mérite d’essayer mais j’ai trouvé cette réponse pas réussie. En effet, Alain Giorgetti écrit dans cette même postface « Je n’ai pas écrit un livre sur « Les Migrants », terme général faisant litière des individus et de leur ipséité » p. 258 Autrement dit l’auteur n’a pas voulu écrire un livre sur « Les Migrants » en général car cela revient à piétiner leur individualité et leur identité. Je trouve que c’est malheureusement ce qu’il fait en refusant d’inscrire ces personnages dans un pays et une culture.