» J’écris pour que les êtres et les liens qui les unissent cessent de se distendre et de disparaître. » Le bruit d’un téléphone, l’odeur de l’eau de Javel, le goût d’un nescafé… Philippe Manevy tire le fil du souvenir et tisse l’étoffe d’un roman familial sur quatre générations en commençant justement par le personnage d’Alice, sa grand-mère maternelle, tisseuse de métier. Pointilleuse et déterminée, elle devint la figure de proue d’un mouvement ouvrier au lendemain de la victoire du Front Populaire.
Très vite, René, son époux, fait son apparition dans le récit. Ancien sportif, il fut un typographe possiblement engagé, avec d’autres héros de l’ombre, dans un acte spectaculaire de résistance. Tous deux parents dévoués de Martine, ils seront prêts à tout pour assurer le futur de leur fille studieuse et appliquée. Chaque chapitre met en lumière un membre de la famille aux prises avec les épreuves que lui réservent son époque et l’existence.
Apparaissent progressivement des liens entre eux et des échos que l’auteur consigne ici, sans rien cacher des doutes qui surgissent au fil de son travail d’écriture. Et l’on traverse ainsi deux guerres mondiales, des crises économiques, les Trente glorieuses, les espoirs et les désillusions du XXème siècle. Déclaration d’amour et hommage vibrant à la classe ouvrière, La colline qui travaille revigore le genre de la chronique familiale et offre au lecteur un sentiment de réconfort et de douce nostalgie.
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Le bruit du monde :
Le bruit du monde a pour vocation de révéler une littérature traversée par les enjeux du monde moderne et source de plaisir, capable d’enrichir nos imaginaires et d’élargir nos horizons. Nous choisirons le meilleur de la littérature des langues françaises et étrangères. Persuadés qu’un livre peut nous permettre de mieux…
A travers l'histoire de sa famille l'auteur revit des sensations ressenties dans le passé avec une précision d'une grande sensibilité. L'odeur du Skaï dans la voiture laissée au soleil, le goût de la biscotte au petit déjeuner (sa madeleine ?). .. Nous ressentons aussi ces mêmes émotions et nos souvenirs à nous resurgissent. Il s'agit d'une saga Lyonnaise que seul un français exilé et donc nostalgique peut raconter de cette façon. C'est surtout un hommage à sa famille, plus particulièrement à son grand-père et à ce quartier de la Croix Rousse. Une belle et émouvante écriture. Mon coup de coeur.
Un roman sincère qui retrace la vie des ancêtres maternels de l’auteur sur quatre générations. Une évocation nostalgique du monde des ouvriers qui vivaient pour la plupart sur la colline de la Croix Rousse, la colline des Canuts, qui ont vécu deux guerres et participé aux luttes sociales. Des portraits émouvants et hauts en couleurs des grands parents de l’auteur. Et aussi une invitation essentielle ,de la part de celui qui s’est exilé au Canada, à garder le contact avec ceux qui nous ont faits et à ne pas les oublier.
Hommage à la ville de Lyon et ses canuts. J'apprécie l'écriture qui nous transporte dans l'atmosphère du quartier de la Crois Rousse .A travers les souvenirs de son enfance l'auteur nous décrit la vie des ouvriers et de sa famille avec des détails croustillants . Le sol bémol trop de personnages (4 générations ) et je me suis perdue dans les voyages à travers le temps .
Livre abandonné à la page 250. Je pense en avoir fait le tour. C'est pas si mal, c'est un hommage à la ville de Lyon, ma ville dans laquelle je me plaisais à me promener de nouveau, partageant une certaine connivence avec l'auteur sur ce point. Au-delà de cette connivence, pas grand chose. L'auteur écrit de manière simple et agréable. Mais en fait j'en ai marre d'entendre parler des grands-mères des autres...
Un petit bijou littéraire. L’auteur, nous entraine à remonter le temps sur 7 générations de sa famille. Les personnages sont abordés avec extrêmement d’humanisme et un regard bienveillant sur chacun d’eux. On découvre, la grande et la petite Histoire de France , son essor industriel depuis le prisme de la colline de Fourvière, mais également depuis les autres lieux où ses aïeuls ont pu vivre. L’auteur est tiraillé par sa vie personnelle d’expatrié volontaire au Canada à notre époque actuelle. Une phrase résume bien son état d’esprit « Les expatriés doivent quantifier leur affection….. quand ils reviennent pour un court séjour.. » C’est également un jongleur des mots. Capable de rendre toutes les situations attachantes, drôles, et émouvantes.
Nous voici en présence de l’énième roman qui nous raconte l’histoire de la famille de l’auteur. Chacun de nous, pour peu qu’il remonte dans le temps, retrouve des grands-parents, cousins/cousines, oncles/tantes, etc. qui ont dû endurer les mêmes difficultés, propres aux générations qui nous ont précédés. Alors, tous des romanciers ? Est-il vraiment indispensable de puiser dans sa famille pour écrire un roman ? Où est passée l’imagination ? Je n’ai rien contre l’auteur - bien entendu - dont l’écriture simple et claire est agréable à lire ; c’est le sujet maintes fois reproposé au fil des saisons de lecture dont je commence à saturer.