Et par endroit ça fait des nœuds (2021)

Reynaud Camille

Camille a 23 ans quand, lors d’un séjour en Espagne, un coup de tonnerre vient tout ébranler : d’abord des symptômes anodins, une confusion qui s’installe, le brouillage complet, la douleur, et puis un diagnostic : rupture d’anévrisme. Des mots terribles mais, curieusement, il y a quelque chose d’apaisant à nommer enfin les choses. Et tandis que ses sens puis ses facultés n’en finissent plus de lui échapper, que son corps devient comme étranger, Camille recourt à l’écriture pour essayer de capturer cette expérience intime extrême et renouer avec elle-même.

Avec toutes les ressources de l’art et de la philosophie, cette autofiction littéraire décortique et recompose cette chose organique et abstraite à la fois qui se joue dans le cerveau. Entre expérience médicale et démonstration virtuose des pouvoirs de l’écriture, ce premier roman est le récit fascinant d’une jeune femme qui affronte avec humour et intelligence la dilution – provisoire ? – d’elle-même.

  • - Année de publication : 2021
  • - Pages : 320
  • - Éditeur : Autrement
  • - Langue : Français

A propos de l'auteur :

Reynaud Camille (c) Astrid di Crollalanza - FlammarionReynaud Camille (c) Astrid di Crollalanza - Flammarion Reynaud Camille :

Camille Reynaud est diplômée de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris et du master de création littéraire du Havre. Auteure et photographe, elle explore des formes de narration qui entremêlent documentaire et fiction, sciences dures et littérature, texte et image. Elle anime des ateliers d’écriture et est lauréate du Prix du jeune écrivain 2021.

Crédit photo : Astrid di Crollalanza – Flammarion

La maison d'édition :

Autrement :

Autrement est une maison d’édition généraliste qui publie des essais et documents, des romans français et étrangers et des atlas. Elle est nourrie par cette ambition jamais démentie : être un laboratoire d’idées, un lieu de rencontres entre les disciplines, un éditeur attentif aux tendances et ouvert sur le monde.

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  • myriam.rubis@gmail.com
    13 novembre 2021

    Ce livre n'est pas un roman linéaire, plutôt un kaléidoscope de sensations et de réflexions sur l'art, la science, et le mélange des deux au service de la vie. A 24 ans, l'autrice/narratrice se prend le ciel sur la tête : une rupture d'anévrisme dans le cerveau. Elle se retrouve dans le flou, la brume, et plutôt que de s'y engloutir, elle fait comme avec ces nuages où notre cerveau recrée des images (la paréidolie, ça s'appelle). Elle fait ce que tout artiste fait : elle réinterprète, traduit, recrée avec son outil préféré : les mots, même si elle en a perdu en route, c'est pas grave, il en reste toujours assez. Comme les bébés, elle joue avec tout ce qui reste à sa portée, avec sa vue qui a changé, son corps qui se cogne partout, ses synapses qui, par endroits, font des nœuds. Elle joue avec ce qu'elle ne comprend pas. Et finalement, ce n'est pas seulement de son combat qu'elle parle, pas seulement du désir de vivre qui fait feu de tout bois, même mouillé. C'est de littérature aussi. Du pouvoir re-créatif de la parole, même d'une parole empêchée (et après tout, la parole est toujours empêchée, elle se débat toujours pour naître, pour s'extraire du brouillard). Et plus généralement, elle parle de la vie, notre vie qui est parsemée de petits AVCs nous obligeant sans cesse à nous recréer. C'est pour ça qu'on s'y reconnaît, dans ce texte, même si on n'est pas passé par une expérience aussi extrême. Et son écriture, c'en est une, une vraie, de celles qui font lever le nez du texte et rêvasser ce qu'on vient de lire.