Une femme invisible (2018)

Piégay Nathalie

«Pourquoi ne pas avoir écrit sur une femme qui a fait oeuvre ? Qui a marqué l’histoire ? Qui a laissé derrière elle autre chose que des bribes et un fils ? Pourquoi m’acharner sur une comparse, sur une figure qui n’apparaît que dans l’ombre que projettent les grands hommes, dans les interstices de leur biographie ? Les feuilles s’entassent sur mon bureau, les livres où je cherche sa trace. Tous parlent de son fils, ou d’Andrieux, le père de l’enfant. Elle n’y apparaît qu’au détour d’une parenthèse, elle est reléguée en note de bas de page…»

Dans ce livre, nourri d’une longue recherche, Nathalie Piégay enquête sur celle qui fut la mère cachée d’Aragon. Elle raconte la vie de cette femme libre et la passion qu’elle entretint pour les deux Louis : Andrieux, le père, grand bourgeois parisien, et Aragon, le fils, à qui elle transmit sa passion des arts et de la littérature. Au fil des pages, cette existence invisible et passionnée finit par ressembler à celle d’une autre. L’auteur de ce récit peut-être.

  • - Année de publication : 2018
  • - Pages : 348
  • - Éditeur : Editions du Rocher
  • - Langue : Français

A propos de l'auteur :

Piégay Nathalie :

Nathalie Piégay, ancienne élève de l’École normale supérieure, enseigne la littérature française moderne et contemporaine à l’Université de Genève. Elle est spécialiste de Louis Aragon (sur lequel elle a publié de nombreux livres et articles), de Claude Simon et de Robert Pinget. Une femme invisible est son premier roman.

La maison d'édition :

Editions du Rocher :

Les Éditions du Rocher ont été fondées en 1943 à Monaco, et tirent leur nom de cette localisation. Le Rocher publie principalement des documents (biographies, actualités, histoire..)., des romans français et étrangers, à travers la marque «Le Serpent à plumes» et la collection de poche « Motifs ».

4|5
3 avis
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  • Elodie Borsa
    7 novembre 2018

    Une plongée dans la vie et l'œuvre de Louis Aragon, et plus particulièrement dans celle de sa maman, ombre méconnue mais omniprésente. Un roman riche, documenté, intelligent, qui nous ouvre les portes de la création d'un des plus grands poètes du XXe siècle. L'auteure nous livre un portrait touchant, sincère, biographique, mais pourtant très romanesque. A lire sans hésiter !

  • Fabrizio Di Majo Groupe Esprit livre - Torino
    28 novembre 2018

    Je me suis régalé de la lecture de cette prose si riche, si prenante et, si j’ose dire, si empathique à l’égard non seulement de la protagoniste, mais aussi du lecteur. Oui, car l’auteur montre une participation intime et une identification presque affectueuse avec Marguerite, femme humble et extraordinaire, et en même temps il nous dit que, comme la vie de Marguerite, aussi sa vie et la vie des lecteurs est unique et précieuse. La façon d’écrire est si attrayante qu’on lit volontiers même les pages qui ont peu à voir avec l’histoire de la protagoniste – le maquillage de Madeleine, la visite à la foire du Trône, et bien d’autres – rien que pour la beauté du style et la richesse du lexique. Et aussi parce qu’elles nous donnent une idée très vivante d’un milieu et d’un monde que nous n’avons pas connu. Très intéressantes aussi sont les références à la culture française entre les deux guerres – dont Aragon a été un des principaux protagonistes – qui aident à reconstituer la vie de Marguerite, sur laquelle il y a si peu de notices historiques. Mais attention! Quand on a peu de notices, il faut qu’elles soient très précises: c’est dommage donc de lire que la première du Boeuf sur le toit – qui s’est déroulée le 21 février 1920 – a eu lieu le 10 janvier 1922, et donc après le procès Barrès (13 mai 1921); l’histoire du Dadaïsme en France en est ainsi un peu faussée. Mais c’est une petite erreur dans un livre très très beau.

  • Patrizia
    4 décembre 2018

    UNE FEMME INVISIBLE Nathalie Piegay Étudiant la vie et les œuvres de l’écrivain Louis Aragon, Nathalie Piegay croise celles de cette femme, Marguerite Toucas-Massillon. Voilà l’excuse pour faire sortir de l’oubli la mère de Louis Aragon et construire le roman. L’histoire véridique, celle qui sort des archives, est mélangé à une reconstruction plausible des sentiments et lieux communs partagés dans la société du dernier siècle. Finalement c’est l’histoire d’une mère célibataire qui mènera une vie en cachette. La société a changé depuis. Mais le sentiment de culpabilité pour les choses qu’on a tu, la honte, la solitude, les ambiguïtés, tout cela est sans âge et à mon avis c’est ce que l’auteur a voulu documenter. Livre intéressant et agréable à lire. Patrizia - groupe Esprit livre Torino

  • Comité de la Motte Servolex
    5 décembre 2018

    Suivant ses papiers, Louis Aragon est né de parents inconnus. En réalité, il est le fils de Marguerite et d’un notable installé. C’est à Marguerite que l’auteure a choisi de s’intéresser, dans le contexte de l’époque. Un beau et déchirant portrait d’une femme de l’ombre. Belle écriture !

  • Carla Margaritora - Groupe Esprit Livre de Turin
    10 décembre 2018

    Femme invisible, mère cachée, femme indépendante, maȋtresse dévouée, femme humiliée, fille conforme à son milieu social, mère tenue à l’écart, pivot de sa famille, traductrice, travailleuse acharnée pour gagner son pain, journaliste méprisée par son fils: voilà les facettes du kaléidoscope de ce livre. Marguerite Toucas-Massillon, la femme ”invisible” du livre a eu le tort d’aimer les deux Louis: Andrieux, grand bourgeois parisien déjà marié et le poète Louis Aragon, son fils. Nathalie Piégay, fine connaisseuse d’Aragon, animée de passion et de curiosité envers la mère du poète, Marguerite Toucas- Massillon, nous livre un portrait émouvant de cette “femme inconnue”. Elle nous fait connaȋtre et goȗter le milieu dans lequel a grandi le grand poète. En italien on dit que “derrière tout grand homme se cache une femme admirable

  • 32254
    18 janvier 2019

    En accord avec ce qui a été dit précédemment, j’ai pour ma part été bouleversée par la vie de Marguerite Toucas Massillon. Le roman de Nathalie Piegay soulève des sujets sensibles et récurrents sur la place des femmes au sein de la famille et de la société. Des émotions fortes et intemporelles se diffusent tout au long de la seconde partie de l’histoire grâce au discours narratif libre extrêmement efficace et talentueux de l’auteur. Son choix de vivre ses amours autant que les contraintes de ce début de siècle ont condamné Marguerite à une invisibilité qu’elle assume avec abnégation, persévérance, bienveillance, respect.... Lorsque Nathalie Piegay cite Murat et son héroïsme, j’ai immédiatement pensé qu’elle était cela pour moi, une héroïne invisible parmi tant d’autres, qui a porté sa vie à bout de bras avec force. Je veux croire, parce que mon héritage de femme me l’insuffle, qu’il y a de ces raisons-là qui, au gré de ses recherches, ont résolument persuadé Nathalie Piégay de porter à bout de plume son héroïne (héroïque) jusqu’à nous.