Ahlam (2016)

Trévidic Marc

Lorsqu’en 2000 Paul, célèbre peintre français, débarque aux Kerkennah en Tunisie, l’archipel est un petit paradis pour qui cherche paix et beauté. L’artiste s’installe dans « la maison de la mer », noue une forte amitié avec la famille de Farhat le pêcheur, et particulièrement avec Issam et Ahlam, ses enfants incroyablement doués pour la musique et la peinture. Peut-être pourront-ils, à eux trois, réaliser le rêve de Paul : une oeuvre unique et totale où s’enlaceraient tous les arts. Mais dix ans passent et le tumulte du monde arrive jusqu’à l’île. Ben Ali est chassé. L’islamisme gagne du terrain. L’affrontement entre la beauté de l’art et le fanatisme religieux peut commencer.

  • - Année de publication : 2016
  • - Pages : 319
  • - Éditeur : JC Lattès
  • - Langue : Français

A propos de l'auteur :

Trévidic Marc :

Marc Trévidic, grande figure de l’antiterrorisme en France, est spécialiste des filières islamistes. Avec ce roman, le juge trace de façon implacable, glaçante, le portrait d’un monde qui chavire.

Crédit photo : Bruno Klein

La maison d'édition :

JC Lattès :

Les Éditions JC Lattès, fondées en 1968, sont ouvertes sur tous les domaines de la curiosité contemporaine et s'illustrent par de nombreux succès avec leurs auteurs tels que Serge Bramly, Marc Dugain, Delphine de Vigan, Grégoire Delacourt, Muhammad Yunus mais aussi des auteurs internationaux comme Stephenie Meyer, Dan Brown ou…

4|5
4 avis
8 Commentaires
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  • Paola - Groupe Esprit Livre - Turin
    14 décembre 2016

    Paul, un jeune peintre français, très célèbre et très riche, part soigner une déception amoureuse à Kerkennah , petit bout de terre au large de Sfax, en Tunisie. Il noue une belle amitié avec la famille de Farhat, un pêcheur du coin, et surtout avec ses enfants, qui se révèlent rapidement des surdoués: Issam, le garçon, pour la peinture et Alham, la fille, pour la musique. Il pense avoir trouvé les perles rares et s’adonne complètement à parfaire leur instruction, tout en poursuivant l’accomplissement de l’œuvre de sa vie, une théorie fondée sur les correspondances entre les couleurs et les rimes poétiques. Les années passent, la chute de Ben Ali et le changement de régime entraînent la montée de l’islamisme radical. Issam se laisse capturer par cette idéologie mortifère, alors que sa sœur personnifie la lutte des femmes contre l’obscurantisme salafiste. Avec le temps, une liaison amoureuse s’installe entre Alham, devenue une jeune fille très séduisante, et son mentor. L’issue sera tragique. On peut dire que le roman développe trois sujets différents : Paul et sa recherche artistique, Alham et son amour pour Paul et l’engagement politique, et le processus de radicalisation d’Issam. Je trouve que seulement ce dernier soit parfaitement crédible et bien documenté, alors que l’histoire d’amour est somme toute assez banale et prévisible, et l’élaboration de la théorie de Paul – qui s’étale sur plusieurs pages - est très complexe et technique, assez difficile à suivre. Comme je le disais plus haut, la partie du livre concernant l’installation du radicalisme islamiste, les atrocités commises par les « fous d’Allah » et la description minutieuse des moyens qu’ils se donnent pour retourner le cerveau des jeunes gens en mal de repères, est très intéressante et donne vraiment à réfléchir . Sachant que M. Trévidic a été un juge antiterrorisme très réputé, j’étais très curieuse de voir à quoi son premier roman pouvait ressembler. Je n’ai pas été déçue, loin de là, et même si dans l’ensemble je m’attendais mieux, je suis contente d’avoir lu ce livre qui m’a illustré, une fois de plus, le danger que l’idéologie islamiste fanatique représente pour toute société civile

    • Martine Gibelin
      21 décembre 2016

      Je suis tout à fait d'accord avec ce commentaire, à ceci près que même si l'histoire d'amour est attendue, elle s'inscrit bien dans le roman.

  • Massimo Groupe Esprit livre - Turin
    27 décembre 2016

    Ce roman est d'abord l'histoire d'une amitié entre Paul, un célèbre peintre français qui va s'installer en Tunisie, et Farhat (et sa famille), un pêcheur de Kerkennah , petite île très belle près de Sfax. Issam et Ahlam, les deux enfants de Farhat, grandissent dans cette famille musulmane ouverte et pas trop pratiquante . Les deux frères sont très doués pour l'art ; le jeune Issam s'exprime à travers la peinture, et sa sœur Ahlam joue du piano. La montée au pouvoir des musulmans radicaux, suite à la chute de Ben Ali, signera l'épilogue tragique et inévitable .La partie la plus convaincante de ce roman est l'évolution d'Issam : bien que né et grandi dans un environnement ouvert et stimulant, à l'ombre d'un grand artiste, et prêt à monter sur les planches d’Europe pour récolter les fruits de son talent, il est peu à peu convaincu d'embrasser la philosophie plus intransigeante et violente de la “Jihad”. Il est prêt à abandonner sa famille et à devenir le bourreau de son propre mentor. Entrecroisée avec cela se déroule l'histoire d'amour de Paul et Ahlam, ainsi qu'une théorie,à mon avis un peu byzantine, qui met en parallèle peinture, musique et poésie dont on n'avait pas vraiment besoin pour l'efficacité du roman. Ce que j’en retiens est peut-être l'idée d'opposer la beauté de l'art à la brutalité et au radicalisme. La parabole parcourue par Issam a été certainement observée plusieurs fois "sur le tas" par M. Trévidic et nous la retrouvons ,dans les traits essentiels, dans les biographies des vrais terroristes. C’est un peu angoissant qu'un homme qui maîtrise parfaitement ce sujet soit si pessimiste et nous dise, finalement , que les valeurs de la société occidentale - à savoir l'art, la liberté, l'égalité… - sont impuissantes contre cette idéologie diabolique qui, entre autres, ne considère pas la femme “égale de l’homme “ mais “son complément” . D’ailleurs, pour bonne mesure, il nous dit que l'islam modéré n'existe pas dans le Coran. Je suis tout à fait d'accord , mais c'est terrible et désarmant. On ne peut pas compter sur l’ « évidence » de la supériorité de notre culture. Il n'y a pas beaucoup d' espoir pour un futur de tolérance et de pacifique cohabitation dans ce roman

  • Colette
    21 janvier 2017

    Un constat politique sans appel qui s’éloigne des conventions : En Nahda est loin d’être l’islamisme modéré chanté par l’Occident et la montée d’Al Qaîda dans le cerveau des jeunes tunisiens semble inéluctable. Le discours de propagande est bien expliqué, notamment la condamnation des Arts sous la forme du débat entre internautes. La partie intimiste est moins bien réussie à mon goût, une peu « bibliothèque rose », les personnages étant trop idéalisés. Pas de suspense non plus, l’enchaînement des événements apparaît incontournable, et c’est ce qui est terrible au fond dans ce livre.

  • Patrizia
    29 janvier 2017

    Un roman qu'on lit avec plaisir. Le milieu c est la Tunisie des années 2000 et l'histoire ce déroule pendant les années turbulentes qui mèneront le pays à des grands Changements politiques. Je ne suis pas arrivée à comprendre exactement les raisons profondes de la rédaction de ce roman, mais je sais qu'il est d'abord et avant tout Une belle histoire d'amour. Amour pour la vie, dirais je. Le protagoniste, Paul, est un artiste français qui débarque en Tunisie À la recherche d'inspiration pour ses tableaux, mais là il est aussi bien À la recherche d'autre chose encore caché dans son esprit dès son enfance. C'est avec les couleurs et les pinceaux que Paul cherche à comprendre Le sens profond de la vie, atteindre à la beauté et surtout la partager avec les gens qu'il aime. Mais au cours des années, petit à petit, d'une façon inexplicable pour Paul les choses ont changé. Ce n'est plus le temps de partager, c'est le temps de séparer et Paul reste là, sans réponse à sa question. Pourquoi les sirènes de la haine et de la violance sont plus flatteuses que celles de l'amour et de la beauté ?

  • BA
    9 février 2017

    un peintre célèbre en mal de création va initier deux enfants à l'art dans une ile près de la Tunisie. Les mécanisme de l'embrigadement islamiste côtoient l'art, l'amour et la rébellion

  • hanna
    10 février 2017

    le contexte politique mêlé à l'art, la religion et bien sûr l'amour, rend ce livre tout à fait passionnant.

  • hautevillesurfier
    11 février 2017

    Un livre sous forme d'un roman qui a encore plus de portée qu'un essai sur l'extrêmisme sous toutes ses formes ! Un mélange subtil d'art, d'amour et de violence...Un sujet abordé avec beaucoup de tact même s'il traite d'événements si graves. Un ex juge anti terroriste qui met sa connaissance du terrain au service de son roman. A lire absolument! Les Drôles de Dames (74)