Critique de Queues de Nicholas Giguère (Hamac édition)

Jean-Pierre du comité de lecture L’Entracte vous propose son avis sur le roman Queues de Nicholas Giguère, publié aux éditions Hamac.
(Si vous souhaitez que vos critiques soient présentes sur Alphalire, n’hésitez pas à nous les envoyer à fpr@festivalpremierroman.com)

Queues de Nicholas Giguère

Les bondieuseries, les interdits et les non-dits concernant la sexualité sont politiquement répressifs et font de la sexualité une obsession.
Le compte rendu de la pratique homosexuelle structure l’écriture sur le gâchis d’un monde médiocre, individualiste, stigmatisant un monde froid qui transforme tout en marché (contre toute solidarité et affectivité nous sommes transformés en individus solitaires et indifférents aux autres), un monde où la sexualité ne peut faire que l’objet d’un marché généralisé.
Les références aux pratiques sexuelles reviennent comme un leitmotiv, un refrain, une obsession, une addiction et surtout comme une assurance qu’on est bien encore vivant et non l’être de fiction du marché, ce monde de la vacuité.
Une journée sans queue est une journée perdue pour toujours. Le goût de tout risquer, son corps, sa vie, dans une fraction de seconde où deux corps se rencontrent et ne se rencontrent pas. Toucher l’autre : la sexualité est la plus grande des connaissances.
L’auteur écrit n’importe quoi : écrire, c’est sentir que sa vie n’est pas jetable, qu’elle vaut la peine d’être vécue.
Le narrateur décide que l’amour n’entrera plus jamais dans sa vie, qu’il choisira des relations sans attaches (se lier c’est s’inscrire dans une durée qui finit par effacer tout, y compris l’individualité.

Jean-Pierre