Critique de La fille du van de Ludovic Ninet (Serge Safran éditions)

Bénédicte du comité de lecture de l’Entrace vous propose son compte rendu sur le roman La fille du van de Ludovic Ninet, publié aux éditions Serge Safran.
(Si vous souhaitez que vos critiques soient présentes sur Alphalire, n’hésitez pas à nous les envoyer à fpr@festivalpremierroman.com)

 

La fille du van de Ludovic Ninet

 

Roman présenté par l’auteur comme un « livre lié au passé, avec cette envie de savoir comment les gens digèrent un vécu qui les a brisés »

C’est l’histoire de Sonya, la fille du van, infirmière militaire de retour d’un engagement en Afghanistan qui est profondément traumatisée et qui ne réussit pas à se reconnecter au réel d’un quotidien auprès de sa famille, son mari et son enfant. Luttant contre ses cauchemars liés à la guerre, elle ne peut se fixer, elle vit dans son van au sud entre Sète et l’étang de Thau, elle erre au jour le jour de petits boulots et de rencontres qui la nourrissent:

– Pierre, ancien champion olympique de saut à la perche devenu vendeur de poulet rôti sur le parking d’un supermarché (personnage inspiré du champion Pierre Quinon suicidé en 2011)

– Sabine, ancienne comédienne devenue toxicomane et caissière dans le supermarché

– Abbès, fils de harki, ancien taulard

La trame narrative, de plus en plus intense, va rapprocher autour de Sonya chacun des personnages qui révèle peu à peu son passé traumatisant et ses rêves de libération

C’est un roman original qui sort du schéma habituel où les traumatismes de guerre sont vécus par des personnages masculins et c’est ainsi l’occasion pour l’auteur de dresser un portrait de femme sous ses multiples facettes : mère, amante, femme engagée, alternant entre la culpabilité, la sensualité et la capacité de résilience.
C’est un roman, à l’écriture dense, doux-amers, sensuel, sans compromis, imprégné de tendresse, où tout est symbole: les lieux, les noms, les destins passés et croisés.
C’est un roman de passage de l’enfer au purgatoire avec des rêves de ciel et mer bleus lumineux où la vie triomphe au delà des apparences.

Bénédicte